LE FIL

Lobbying viticole ?

Vendredi 15 janvier 2021 par Alexandre Abellan

Face au milliard d’euros de déficit qui serait en 2021 causé par les nouvelles surtaxes Airbus sur le marché américain, le déséquilibre est criant. Le gouvernement annonce débloquer 10 millions € de fonds supplémentaire pour financer l’aide au stockage privé (qui arrivait à saturation) et une aide de 20 % du chiffre d’affaires des domaines ayant perdu 50 % de leur activité (avec un plafonnement à 200 000 €/mois). Soit des aides conjoncturelles demandées par la filière pour surmonter la crise sanitaire covid, mais pas les mesures fortes nécessaires pour regagner des parts de marché aux USA.

Fantasmé par les hygiénistes, qu’il est faible le lobbying viticole ! Touchée depuis le 18 octobre 2019 par des droits de douane supplémentaires sur son premier marché, les Etats-Unis, la filière vin est bien incapable de trouver les leviers lui permettant de se dégager de la surenchère des mesures de rétorsion transatlantiques, pour un conflit aéronautique qui lui est extérieur. Amplifiée par la crise sanitaire, cette difficulté n’en est que plus criante : que ce soit à Paris ou à Bruxelles, les gouvernants ne prennent pas la mesure des emplois et de la valeur ajoutée du vignoble.

En témoigne le paso doble de ces derniers jours. Un pas en avant la semaine dernière, avec une apparente prise de conscience ministérielle qui annonçait une nouvelle volonté d’actions fortes. Un pas en arrière ce mercredi après-midi, avec l’annonce d’une rallonge budgétaire au stockage privé. Un pas en avant avec la surprise ce jeudi soir d’un accès spécial au fonds de solidarité national. Mais aussi un pas en arrière avec une désillusion venue de Bruxelles : la Commission Européenne n’a pas reçu de demande française concernant des mesures de compensation aux nouvelles taxes Trump.

Bref, une forme de surplace. Qui n’est pas exempte de victoires ponctuelles, toujours obtenues à l’arrachée et de très haute volée par les parlementaires et élus de la filière. Cette nécessité de lutter pour obtenir la moindre avancée significative nécessite toujours de nouvelles actions et mobilisations pour rappeler l’impact économique de la filière et les difficultés commerciales qui la frappent toujours plus durement.

Ce début 2021, il est fatigué le lobbying viticole, mais il n'a jamais été uni et compte bien en appeler au président de la République, Emmanuel Macron, pour en finir avec la détresse des taxes US. Et lui rappeler ses promesses.

 

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