LE FIL

Sentiment d'abandon

Cri de désespoir des vins et spiritueux français, seuls face aux surtaxes américaines

Mardi 12 janvier 2021 par Alexandre Abellan

Tous les vins tranquilles sont désormais visés, ainsi que des vins pétillants et certaines eaux-de-vie de vin.
Tous les vins tranquilles sont désormais visés, ainsi que des vins pétillants et certaines eaux-de-vie de vin. - crédit photo : Le Cri d'Edvard Munch (Nasjonalgalleriet, Oslo)
A la veille d’une nouvelle réunion avec l’exécutif, la filière vitivnicole accuse le coup de nouvelles sanctions dans le cadre d’un conflit transatlantique qui lui est étranger et dont les principaux responsables fuient les responsabilités.

Rencontrant ce 13 janvier quatre ministres à Bercy pour découvrir les mesures nationales de soutien face aux nouvelles taxes américaines dans le conflit Airbus, la filière des vins anticipe déjà sa déception. « Le compte n’y est pas » annonce un communiqué de l’Association Générale de la Production Viticole (AGPV) et de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France (FEVS). Echangeant depuis une petite semaine avec les cabinets ministériels, le vignoble et le négoce ne cachent pas leur déception de voir des mesures de soutien ressemblant davantage à un élargissement demandé depuis longtemps des aides de crise covid qu’à la mise en place de dispositifs spécifiques, notamment un fonds de compensation demandé depuis plus d’un an (et les premières mesures de rétorsion de ce conflit, en octobre 2019).

Désormais, « la perte supplémentaire de chiffre d’affaires pour l’année 2021 » est estimée à plus d’un milliard d’euros par la FEVS : « cela revient à arracher et rayer de la carte le vignoble de Provence ou de l’Occitanie » souligne un communiqué. Face à cet impact économique majeur, « ni l’Union Européenne ni le Gouvernement français n’ont pris la dimension du dommage et de la déstabilisation de toute la filière que provoquent ces sanctions » constate le communiqué commun.

"Cela doit cesser"

« Ce contentieux euro-américain n’est pas le nôtre mais depuis plus d’un an, nous payons à la place d’Airbus » interpelle dans le communiqué César Giron, le président de la FEVS, pour qui « cela doit cesser : nous voulons d’une part, que ce contentieux soit résolu et nos produits sortis des sanctions, d’autre part, être remboursés des dommages subis pour rester présents et compétitifs sur le premier marché mondial. »

« Pour nos exploitations, nos coopératives, nos entreprises, mais aussi nos régions et nos territoires, ces réponses ne peuvent plus tarder » renchérit dans le communiqué Jérôme Despey, le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, pour qui « les premiers travaux montrent un début de prise de conscience du gouvernement mais maintenant, il nous faut des engagements concrets, à la hauteur du problème et la Commission Européenne doit également prendre ses responsabilités dans ce dossier ». Les nouvelles taxes américaines faisant suite à des mesures de rétorsion de Bruxelles cette fin 2020, dans le cadre du volet Boeing, malgré les demandes de temporisation de la filière.

 

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