LE FIL

2020 dans le rétroviseur

Jacques Frelin, pionnier du vin bio et personnalité préférée de l'année

Samedi 26 décembre 2020 par Alexandre Abellan

Basé à Montpellier, Jacques Frelin signe une gamme de 150 vins, venant du Languedoc, de Vallée du Rhône, de Provence, de Bordeaux et du Val de Loire.
Basé à Montpellier, Jacques Frelin signe une gamme de 150 vins, venant du Languedoc, de Vallée du Rhône, de Provence, de Bordeaux et du Val de Loire. - crédit photo : DR
[Article publié le 22 janvier 2020] Parmi les vingt personnalités ayant marqué 2019, les lecteurs de Vitisphere ont choisi de distinguer le négociant languedocien Jacques Frelin pour incarner les réponses aux défis environnementaux et commerciaux de la filière vitivinicole française.

Du 8 au 22 janvier, 3 440 lecteurs de Vitisphere ont voté en ligne pour sélectionner parmi vingt personnalités, constituant le « top 20 du vin », celle la plus à même de répondre aux défis d'avenir de la filière du vin français. Au terme de deux semaines de votes, le négociant bio Jacques Frelin arrive en tête, suivi par Emilie Faucheron, vigneronne et youtubeuse ("La VitiBio d'Emilie et Benjamin") et par Yohan Charbonnier, le chargé de mission scientifique à la Ligue pour la Protection des Oiseaux d’Aquitaine (LPO Aquitaine).

« Avoir reçu les votes de professionnels de la filière donne bon espoir dans le développement du vin bio » se réjouit Jacques Frelin, le fondateur du négoce bio éponyme (3 millions de cols vendus annuellement, pour 7 millions d’euros de chiffre d’affaires, à 75 % dans le réseau bio français). Pour ce spécialiste de la bio, ce titre de personnalité de l’année témoigne d’une vague de fond pour la transition écologique : « depuis 37 ans, je suis l’un des pionniers du vin bio. A l’époque c’était une niche très marginale, on en était à la préhistoire. » Estimant que le tournant commercial du vin bio en France date des années 2000-2005, le négociant souligne que désormais « les consommateurs veulent trouver des vins bio partout, en grandes surfaces, en restaurants… »

"L’avenir de la viticulture, c’est le bio"

Vice-président des interprofessions SudVinBio et FranceVinBio, Jacques Frelin est convaincu que « l’avenir de la viticulture, c’est le bio : on ne peut plus utiliser de produits chimiques de synthèse*. Comme tous, je souhaite le développement de la filière bio. Actuellement 13 % du vignoble de la région Occitanie est certifié bio, l’objectif est d’atteindre 20 % en 2025. C’est un gros objectif, mais il sera atteint, ou pas loin. » Contrairement à d’autres pionniers, Jacques Frelin n’est pas des vétérans de la bio fermant la porte de leur chapelle aux nouveaux venus tout en les taxant d’opportunisme. « Je me suis toujours battu pour l’ouverture » souligne le négociant, se souvenant des premières années du salon languedocien Millésime Bio, où l’ouverture de l’évènement à des vignerons venant d’autres régions françaises faisait débat.

Marché d’avenir

Si le vignoble bio se développe en France, certains opérateurs voient d’un œil inquiet l’arrivée de nouveaux volumes risquant de gripper le marché. « Je suis toujours confiant dans le développement commercial à long terme des vins bio. Il est possible qu’à court terme il y ait des crises de déséquilibre entre l’offre et la demande » reconnaît Jacques Frelin. Personnalité de l’année, le négociant croît fermement dans l’avenir des vins bio à une condition : « il faut un bon rapport qualité/prix pour répondre à la demande croissante des consommateurs ».

 

* : En ce qui concerne la toxicité des pesticides utilisés en bio, Jacques Frelin précise que « le cuivre et le souffre sont certes nocifs, mais on est sûr d’une chose, ils le sont moins nocifs que des produits chimiques. Aujourd’hui, on réussit une belle viticulture bio à faible dose. »

 

 

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