LE FIL

Travail sur la notoriété

Stéphane Zanella préside les vins du Roussillon "dans le dur"

Lundi 21 décembre 2020 par Alexandre Abellan

Dirigeant depuis 2016 les Vignerons Catalans, Stéphane Zanella travaille depuis 18 ans dans la filière vin. Il a été consultant, directeur du Club Français du Vin (avant son rachat par le groupe Advini), dirigeant de la maison Henri Maire (dans le Jura), à la tête de la chaîne InterCaves (filiale des cafés Richard)…
Dirigeant depuis 2016 les Vignerons Catalans, Stéphane Zanella travaille depuis 18 ans dans la filière vin. Il a été consultant, directeur du Club Français du Vin (avant son rachat par le groupe Advini), dirigeant de la maison Henri Maire (dans le Jura), à la tête de la chaîne InterCaves (filiale des cafés Richard)… - crédit photo : Vignerons Catalans
Le négociant prend la tête de l’interprofession catalane avec l’objectif de soutenir la valorisation d’un vignoble profondément touché dans sa rentabilité par une succession de petites récoltes.

Dans le vignoble des Pyrénées-Orientales, « nous sommes dans une situation compliquée, très antérieure hélas à la cise covid. Nous étions déjà dans le dur » pose le négociant Stéphane Zanella, élu ce 14 décembre à la présidence du Conseil Interprofessionnel des Vins du Roussillon (CIVR, regroupant 14 vins d'appellation et 2 vins de pays). Pour le directeur des Vignerons Catalans (société de négoce appartenant à 8 caves coopératives du Roussillon et représentant la moitié des volumes du département), la priorité est de soutenir le revenu de la filière catalane : « la population viticole est en voie de paupérisation, avec des rendements faibles et des revenus bas, qui ne sont pas compensés par la valorisation ».

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Le CIVR voit son potentiel de sorties diminuer comme peau de chagrin entre réduction structurelle de son vignoble (-30 % en 15 ans, passant de 30 à 20 000 hectares) et chute conjoncturelle de ses rendements (-40 % de sorties en 5 ans). Ayant fait le plein de raisins en 2015 pour la dernière fois (avec 750 000 hectolitres), le vignoble voit s’enchaîner les aléas climatiques : gel, grêle, sécheresse, échaudage… Et mildiou en 2020, avec le pire épisode sanitaire de mémoire d’ancien rapport Stéphane Zanella. Avec un rendement moyen inférieur à 25 hl/ha, le CIVR estime la production globale à 450 000 hl (-25 % par rapport à un déjà petit millésime 2019).

"Rapport qualité/prix mirobolant"

Cette érosion de la production ne permet pas aux opérateurs d’assurer leurs approvisionnements sur tous les marchés, causant des déréférencements regrette Stéphane Zanella, qui souligne l’excellent rapport qualité/prix des vins présents sur les marchés. « La perception actuelle du marché est faussée, avec un niveau de prix très bas par rapport à la qualité. C’est un rapport mirobolant pour le consommateur ! » estime le négociant.

Pour tirer vers le haut les prix, « L’interprofession ne peut pas faire de miracle » prévient le président du CIVR. « Accroître la notoriété est un travail de longue haleine, de titan, de fourmi... L’interprofession accompagne et enrichit un mouvement qu’elle ne peut créer. Il faut être modeste, ce sont les opérateurs qui donnent d’abord l’impulsion » pointe Stéphane Zanella, notant que le premier levier de valorisation des vins du Roussillon tient à une conversion à la bio. Les conditions climatiques des Pyrénées-Orientales étant favorables à la réduction des intrants, même si la pression inédite du millésime 2020 a pu refroidir certaines ardeurs à la conversion.

Stratégie digitale

En termes de plan d’action pour 2021, le CIVR participera au salon Wine Paris & Vinexpo Paris de juin 2021 et au Concours des Grenaches du monde. Si un évènement dédié aux vins du Roussillon est à l’étude pour 2022 (pas forcément à Perpignan), le CIVR prépare surtout pour 2021 le déploiement de sa nouvelle stratégie de communication, centrée sur le digital. Les supports numériques permettent de « compenser la modestie de nos moyens et de donner une capacité de projection supérieure » explique Stéphane Zanella, qui évoque une présence accrue sur les réseaux sociaux et l’organisation de masterclasses ou webinars s’appuyant sur des influenceurs locaux. « Notre ambition est que les vins du Roussillon soient bien présents sur internet en 2022 » conclut-il.

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