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Du tribunal à la tribune
Une manifestation pour Valérie Murat et contre le "procès bâillon" des vins de Bordeaux

L'activiste anti-phyto va mettre à profit son audience pour "dénigrement" afin de donner de nouveaux relais à son message contre la certification HVE en particulier, et l'utilisation de pesticides de synthèse en général dans le vignoble bordelais.
Par Alexandre Abellan Le 09 décembre 2020
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Une manifestation pour Valérie Murat et contre le
« Ils ont déposé plainte alors intérêt médiatique retombait » indique Valérie Murat, estimant que le CIVB a remis lui-même une pièce dans le juke-box. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives 2017)
L

’audience s’annonce juridique… et médiatique. Ce 17 décembre à 14 heures, la chambre civile du tribunal judiciaire de Libourne va recevoir en audience l’association Alerte aux toxiques et de sa porte-parole, Valérie Murat. Tous deux poursuivis par le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), onze syndicats AOC, dix vignerons, trois fédérations et un négociant pour « dénigrement collectif à l’égard de la filière des vins de Bordeaux » dans la publication mi-septembre de 22 analyses de résidus phytos de vins labélisés Haute Valeur Environnementale (HVE).

« C’est un procès bâillon » estime Valérie Murat, qui a déposé une déclaration de manifestation en préfecture pour son comité de soutien une heure avant son audience « pour que montrer beaucoup de gens* me soutiennent et ne veulent pas de cette procédure. Dont des vignerons cotisant au CIVB. » Alors que le débat sur les tolérances et la méthode comptable de la HVE est lancé par d’autres syndicats et associations, Valérie Murat souligne la pertinence de ses alertes : « en HVE on peut utiliser des pesticides de synthèse et créer de la confusion chez le consommateur. J’ai montré les réalités des pratiques de ce label qui se dit proche de l’homme et de la bio alors que ce n’est pas le cas. »

Bordeaux bashing

Alors que le CIVB demande 100 000 € de dommages (et que les plaignants réclament de 500 à 10 000 €), l’activiste estime que « ces montants mirobolants montrent leur rage et leur volonté de me faire taire. Ils cherchent à me culpabiliser, pour qu’une personne soit responsable de tous leurs maux… Mais les premiers responsables du Bordeaux bashing, ce sont les institutions viticoles bordelaises ! »

Sollicité, le CIVB ne souhaite pas commenter. Parmi les soutiens de ce procès dans la filière des vins de Bordeaux, on indique ne plus rien vouloir laisser passer aux associations vilipendant le vignoble girondin. Et il est probable que ce dossier juridique ne connaisse pas de conclusion rapide, avec un appel qui fait peu de doute, quel que soit le jugement du tribunal.

 

* : Ce 9 décembre, une pétition en ligne de soutien à Valérie Murat a recueilli 42 000 signatures et une cagnotte internet a levé 8 740 € (auprès de 200 donateurs).

 

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