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Les vins de Bordeaux cherchent à réduire leur empreinte carbone

Mardi 08 décembre 2020 par Marion Bazireau

La baisse de l’utilisation des produits phytosanitaires et l’augmentation du travail du sol s’accompagnent d’une plus grande émission de GES.
La baisse de l’utilisation des produits phytosanitaires et l’augmentation du travail du sol s’accompagnent d’une plus grande émission de GES. - crédit photo : Naïo Technologies
Le vignoble de Bordeaux émet 24% de gaz à effet de serre de moins qu’en 2012 quand il lançait son « Plan climat 2020 ». Mais ses émissions sont en progression lorsqu’on les ramène à la production d’un hectolitre de vin.

L’an passé, les politiques ont révisé la Stratégie Nationale Bas-Carbone. L’objectif de la France est d’arriver à la neutralité en 2050. Au niveau agricole, le gouvernement espère une baisse de 18% des gaz à effet de serre (GES) en 2020, de 30% en 2030 puis de 46% à l’horizon 2050 par rapport aux valeurs de 2015.

« Nous allons devoir accélérer le rythme pour atteindre ces objectifs » a prévenu Marie-Catherine Dufour, la directrice technique de l’interprofession des vins de Bordeaux (CIVB), en introduction d’une conférence organisée ce 3 décembre sur le salon Vinitech.

« En 2008, nous produisions l’équivalent de 840 000 tonnes de CO2. Ce premier bilan carbone nous avait permis de nous fixer 4 objectifs à l'horizon 2020 : réduire nos émissions de GES de 20%, diminuer notre consommation en eau de 20%, diminuer notre consommation en énergie de 20%, et développer de 20% les énergies renouvelables » a continué Jeanne-Marie Voigt, chargée du Plan Climat de l’interprofession.

Les verriers ont frappé fort

Les années suivantes, les bordelais ont mené différentes actions. Les verriers ont frappé fort en réduisant de 15% le poids des bouteilles de verre, matériau responsable de près du quart des émissions. « Lors de notre point d’étape en 2013, nous en étions à 770 000 tonnes eq. CO2, en baisse de 9%. Nous venons d’effectuer notre troisième bilan carbone et nous avons atteint 587 000 tonnes eq. CO2 alors que notre objectif était de 672 000 tonnes. C'est encore l’équivalent des émissions annuelles de 54 000 Français ou de 21% des émissions de la ville de Bordeaux » a temporisé Jeanne-Marie Voigt.

"138 à 146 kg eq. CO2 par hectolitre de vin "

Surtout, cette baisse de 24% n’a rien d’un exploit lorsqu'on la replace dans son contexte. « Nous produisons moins de vin qu’en 2012, il y a donc moins d’émissions de GES liées à la fabrication du verre, au transport du vin, ou à l’utilisation de fioul au vignoble » a expliqué Jeanne-Marie Voigt.

Ramenées à l’hectolitre de vin produit, les émissions sont même en progression. « Elles sont passées de 138 à 146 kg eq. CO2 par hl, en augmentation de 6% notamment du fait de l’augmentation du travail du sol pour compenser la baisse des produits phytosanitaires ».

"Nouvelles pistes de travail "

La filière ne peut plus compter sur une réduction du poids du verre. « Mais nous pouvons faire en sorte de mieux le recycler, ou travailler sur les fours des verriers ».

Plusieurs intervenant ont proposé d’autres pistes, telles que la méthanisation, la valorisation des sous-produits en composés d'intérêt, le développement du compostage des sarments et effluents ou la mise en œuvre de couverts végétaux pour augmenter la part de carbone retenue dans le sol, la récupération du CO2 des fermentations pour la production de bicarbonates, l’augmentation du recyclage des déchets, l’abandon des caisses en bois, la régénération des barriques, l’utilisation de bioéthanol ED 95 comme carburant, ou l’ajout d’un additif pour réduire la consommation de gazole.

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