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Alsace

"Notre cave est notre outil de communication"

Mardi 01 décembre 2020 par Christophe Reibel

Céline et Yvan Zeyssolff. Ils préfèrent dire de leur caveau de 400 m² qu’il est un « espace œnotouristique »
Céline et Yvan Zeyssolff. Ils préfèrent dire de leur caveau de 400 m² qu’il est un « espace œnotouristique » - crédit photo : Christophe Reibel
Les vignerons Céline et Yvan Zeyssolff se servent de leurs foudres pour y projeter l’histoire de leur domaine dans le Bas-Rhin. Certains visiteurs ont la larme à l’œil quand la séance se termine.

La pénombre de la cave est tout juste troublée par les spots qui éclairent les informations peintes sur les foudres que le visiteur découvre une fois poussée la porte d’entrée. Sur sa droite, les six derniers sont traversés à mi-hauteur de vaguelettes aux couleurs légèrement fluorescentes. Leur moitié supérieure se transforme soudain en écran. En dix-neuf minutes, toute l’histoire familiale y défile, se répète en images sur la gauche comme sur la droite.

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Pour en raconter les hauts et les bas, les narrateurs s’enchaînent : Jean-Daniel, créateur de l’entreprise en 1778, Ferdinand, qui l’a développée durant l’après-guerre et Yvan, le viticulteur actuel. Le spectateur occupe une position centrale. Il embrasse les scènes qui se succèdent dans une vision à 180°. Il n’en perd pas une miette. Une surprise l’attend au terme du générique de fin : Yvan s’extirpe du fût qu’il vient de nettoyer de l’intérieur. « Les gens ont toujours du mal à nous croire quand on leur dit. Alors, nous leur montrons » signale Céline Zeyssolff.

75 000 € de budget

Cette idée de film est née progressivement chez Yvan et Céline après avoir assisté à deux projections, l’une chez un artisan, l’autre en 3D chez un industriel. La perspective d’obtenir une subvention de 30 % de la Région Grand Est donne le coup de pouce. « Même sans, nous l’aurions finalement fait » assurent Yvan et Céline, à la tête d’un domaine de 10 hectares à Gertwiller (Bas-Rhin). Ils prennent contact avec le réalisateur de l’une des œuvres en lui confiant leur souhait d’un film qui restitue leur « identité familiale ». « Nous recevons 90 % de clients étrangers qui n’ont pas envie de voir ce qu’ils ont déjà chez eux » explique le couple. Les équipes techniques travaillent aussi le son, la lumière. La projection utilise le laser. Le couple dépense 75 000 € pour cette scénographie. Cette somme s’intègre dans le budget global de 300 000 € consacré à rénover la cave.

La visite de cave est conçue comme un produit œnotouristique à part entière pour des groupes jusqu’à quinze personnes. Elle est programmée trois fois par jour, sept jours sur sept, à 10h30, 14 et 16 heures. Elle est facturée 12 € par personne et comprend la dégustation de cinq à sept vins. « C’est une visite personnalisée en trois étapes : l’accueil dans une petite ou une grande salle avec projection d’un film sur le travail de la vigne, le passage par la nouvelle cuverie inox et la scénographie dans la cave à foudres. La manière de narrer plaît beaucoup. Elle en émeut certains » décrit Céline. Le domaine a inauguré sa nouvelle version de la visite de cave en juillet dernier. « Jusqu’à fin octobre, nous avions des visites tous les jours. Cette formule déclenche davantage d’achats de vins. Je crois que c’est parce que ce film reflète la passion qui nous anime » juge Céline.

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