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Environnement

Une empreinte carbone négative pour tous les bouchons Amorim

Lundi 30 novembre 2020 par Marion Bazireau

Amorim produit ses bouchons pour spiritueux dans le vignoble de Cognac, à Merpins.
Amorim produit ses bouchons pour spiritueux dans le vignoble de Cognac, à Merpins. - crédit photo : Amorim Top Series
Amorim a demandé au cabinet EY de calculer les émissions et absorptions de CO2 générées par la production de ses bouchons à tête pour spiritueux. Tous affichent une empreinte carbone négative, comme ceux destinés au vin et aux effervescents.

« Pernod Ricard, Baccardi, Hennessy… Dans un avenir proche, toutes les grandes maisons de spiritueux mentionneront leur empreinte carbone sur les étiquettes de leurs bouteilles » assure Christophe Sauvaud, le directeur général d’Amorim Top Series.

Pour les aider à mener à bien ce projet, le bouchonnier a demandé au cabinet d’études EY de calculer les émissions et absorptions de dioxyde de carbone générées par la production charentaise de ses bouchons à tête. « Cela n’avait jamais été fait, reprend Christophe Sauvaud. Mesurer l’empreinte carbone d’un bouchon de vin en liège est assez simple. L’opération se complique pour les têtes multi composites, en bois ou en plastique ».

Le cabinet indépendant vient de livrer son verdict. Tous les bouchons de la gamme Top Series ont une empreinte carbone négative, du bouchon de liège naturel à tête plastique qui séquestre 87 grammes de CO2, au bouchon Neutrotop à tête de bois qui en absorbe jusqu’à 148 grammes. « Cela permet aux producteurs de compenser les émissions générées par d’autres éléments du packaging, comme la bouteille en verre » se félicite Christophe Sauvaud.

Du chêne-liège à la commercialisation

Début 2020, la branche « vin » du groupe Amorim a présenté le dernier bilan carbone réalisé par EY sur ses bouchons pour vins tranquilles et effervescents. Il a dévoilé des chiffres « records », au dire du bouchonnier, avec 309 g de CO2 absorbé pour un bouchon en liège naturel et même 562 g de CO2 pour un bouchon de champagne à deux rondelles.

Pour parvenir à ces résultats, EY a analysé toutes les étapes de la vie du bouchon, selon une approche « cradle-to-gate ». Le cabinet a pris en compte les activités forestières, la préparation du liège, le transport de la forêt de chênes-liège à l’usine, la production, la finition, le conditionnement, ainsi que la commercialisation des bouchons du Portugal au Royaume-Uni. 

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VOS RÉACTIONS
Aurélien Le 03 décembre 2020 à 11:03:55
Hop, hop, hop attention au Greenwashing là c'est un peu gros quand même ! Concrètement, ils n'ont pris en compte qu'une partie du problème en éludant volontairement la fin de vie du produit qui viendrait remettre totalement en cause leurs conclusions. En effet, pour être honnête il faudrait faire une approche "cradle to grave", sinon c'est trop facile. En éludant la fin de vie, ils ont artificiellement une empreinte négative, mais dès que la bouteille est ouverte et le bouchon mis à la poubelle (ce qui doit être le cas de 99,9% des bouchons) le CO2 qu'ils considèrent avoir stocké (abusivement), sera libéré dans l'atmosphère. Donc en réalité leur empreinte carbone n'est pas du tout négative. La question du changement climatique est l'enjeu majeur de notre siècle, surtout dans le secteur agricole. Il est donc primordial d'avoir une approche honnête et objective. Relayer la communication fallacieuse de cette entreprise n'est pas très bon pour l'image de Vitisphère et je ne suis pas sur que Ernst & Young soit d'accord qu'on associe leur nom à cette opération de Greenwashing.
Laurent Le 01 décembre 2020 à 15:56:05
Bonjour, Attention au Greenwashing! Les comptabilités "carbone" usuelles (type Bilan Carbone, BEGES règlementaire, etc...) comptabilisent le CO2 d'origine fossile (et le non le CO2 d'origine biogénique qui a un bilan "neutre"). Dire qu'un bouchon de liège séquestre du carbone est un argument qui sera vite mis à mal par des spécialistes : le carbone, contenu dans le bouchon, sera forcément réémis dans l'atmosphère sous forme de CO2 sur un cycle court (quand on jette le bouchon à la poubelle, son incinération conduit à la libération de CO2)... On ne peut parler que de stockage intermédiaire. Peut être aurait il été plus intéressant d'inclure dans l'étude la fin de vie (celle qui réémet le CO2 dans l'atmosphère) afin de ne pas biaiser les résultats? ... ou de mettre en avant les pratiques vertueuses utilisées par l'entreprise pour réduire ses émissions de carbone d'origine fossile ?
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