LE FIL

Coopératif, solidaire, agroécologique

Le triple pari du Mas des Justes

Mardi 01 décembre 2020 par Michèle Trévoux

Le conseil coopératif de la SCIC Sur le Chemin des Cévennes.
Le conseil coopératif de la SCIC Sur le Chemin des Cévennes. - crédit photo : Vinanimus
Initié par la cave coopérative de Saint Maurice de Cazevieille et désormais porté par la Scic « Sur le chemin des Cévennes », le Mas des Justes, petit vignoble en biodynamie aux pieds des Cévennes, ambitionne de devenir un modèle en matière d’agroécologie et d’économie solidaire.

Les Vignerons de Saint Maurice n’avaient pas dans l’idée de d’acquérir des vignes. Mais en 2017, quand un petit domaine d’une quinzaine d’ha dont 13,5 ha en viticulture biologique, sur un joli terroir aux pieds des Cévennes à Saint-Just-et-Vacquières, est menacé d’abandon, la coopérative gardoise se porte acquéreur pour préserver ce vignoble et de renforcer son empreinte territoriale. « La cave n’a pas pour vocation d’acquérir du foncier, nous avons donc décidé de revendre ces terres et d’en confier la gestion à une SCIC, en faisant appel au financement participatif », explique Vincent Trouillas, le président.

140 associés et 270 000 € collectés

13 associés initiaux (personnes morales ou physiques) impulsent la création en février de la SCIC “Sur le chemin des Cévennes “. Un appel à financement participatif est lancé au mois de juin : 320 parts sont mises en vente au prix unitaire de 1000 €. 140 associés (particuliers, institutions, entreprise) ont, à ce jour, répondu à l’appel, souscrivant pour un montant total de 270 000 €. Le profil des associés est varié : 48 % des parts ont été acquises par des personnes extérieures au département du Gard, dont 34 % hors Occitanie. L’objectif de cette collecte de fonds a été fixé à 320 000 €, montant qui permettra le rachat du Domaine le Mas des Justes et les travaux d’aménagement nécessaires pour en faire un site pilote et exemplaire en matière d’agroécologie et de biodiversité.

Des vins en biodynamie

Le vignoble est d’ores est déjà en phase de conversion biodynamie, la production sera certifiée pour la prochaine récolte. Saint Maurice sera ainsi une des rares coop de la région, voire peut-être la première à produire des vins en biodynamie. La récolte sera vinifiée dans le chai de Brouet les Alès, site des Vignerons de Saint Maurice, dédié aux vins bio, la SCIC étant adhérente de la coopérative. Un chef de culture a été recruté pour s’occuper du vignoble. Il fait appel ponctuellement à des adhérents de la coop pour des travaux réalisés en prestations de service. « La gestion du Mas des Justes ne peut se faire sans l’accompagnement technique et humain de la coopérative. La SCIC exploitera le domaine en collaboration étroite avec les techniciens vignoble et œnologues de Saint Maurice », précise Romain Rigon, président de la SCIC et coopérateur à Saint Maurice.

Un modèle en matière d’agroécologie

Au-delà de la biodynamie, l’idée est de conduire le vignoble au sein d’un écosystème vertueux, favorisant les interactions de la vigne avec l’environnement de ce coin reculé des Cévennes. : des semis de couverts végétaux seront réalisés dans les rangs pour favoriser la protection des sols contre l’érosion et les enrichir en matière organique. Des haies seront plantées sur 2 km en bordure de parcelles pour favoriser la biodiversité En partenariat avec le GIEE des Cévennes et AGROOF, des recherches seront menées sur différentes variétés végétales et leur attractivité pour la faune et la flore. Une parcelle sera dédiée à l’implantation d’espèces mellifères, avec des floraisons étalées pour permettre le butinage à l’année pour les abeilles et l’installation d’un rucher sédentaire, avec un dispositif de ruches connectées pour suivre le bon déroulement des cycles. Enfin, des plantes aromatiques (lavande, romarin) vont également être implantées, pour la production d’huiles essentielles, qui seront distillées par la distillerie Bel Air, basée sur la commune.

Un écrin pour l’IGP Cévennes

 « Nous voulons faire de ce domaine un écrin pour l’IGP Cévennes, où tout au long de l ’année, nous organiserons des ateliers pour nos associés : plantation des arbres, taille, vendanges… afin qu’ils découvrent le métier de vigneron et s’impliquent dans ce projet de préservation du patrimoine viticole des Cévennes, basé sur un modèle d’agriculture éthique, responsable et durable », souligne Romain Rigon. Une initiative bien dans l’air du temps.

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