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Paroles d'ingénieurs
Passer au zéro herbicide coûtera entre 10 et 20 000€ par an à chaque exploitant

La perte de rendement induite par le passage au travail du sol va faire augmenter les charges à l'hectolitre des viticulteurs. Ils pourraient perdre jusqu'à 20% du produit brut de leur exploitation et l'équivalent d'un SMIC sur leurs revenus avant impôts.
Par Marion Bazireau Le 24 novembre 2020
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Passer au zéro herbicide coûtera entre 10 et 20 000€ par an à chaque exploitant
Ces chiffres sont issus d'une étude des Chambres d’agriculture dans 18 domaines du Val de Loire, de la Vallée du Rhône, de la Bourgogne, du Beaujolais, du Bordelais, du Cognaçais, de l’Hérault et de la Champagne. - crédit photo : APCA
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es Chambres d’agriculture ont calculé le coût du passage au zéro herbicide dans 18 domaines du Val de Loire, de la Vallée du Rhône, de la Bourgogne, du Beaujolais, du Bordelais, du Cognaçais, de l’Hérault et de la Champagne. « Ces domaines sont représentatifs des modèles majoritaires de chacun des vignobles. 13 sont déjà entrés dans une démarche de réduction des herbicides en passant au désherbage mécanique de l’inter-rang » expliquent les auteurs de l'étude, destinée à servir de base de travail aux conseillers viticoles.

L’augmentation des charges totales à l’hectare n’est pas spectaculaire. Comme la majorité des domaines étudiés ont commencé à s’équiper d’outils de travail du sol, les ingénieurs l’estiment à 3% en moyenne. Ils ont en revanche calculé une augmentation des charges totales à l’hectolitre moyenne de 13%, du fait de la perte de rendement très souvent constatée les premières années, liée à des « labours trop profonds combinés à un enherbement mal maîtrisé ou une fertilisation insuffisante des sols ».

Augmentation du temps de travail

Pour les domaines ayant entamé leur transition, l’augmentation du temps de travail est comprise entre 3 et 11 heures/ha. Pour les autres, elle s’élève à près de 14 h/ha. « Sur le Val de Loire, les viticulteurs auraient besoin de recruter près de 200 personnes qualifiées pendant 4 mois » indiquent les auteurs. « Cela semble difficilement applicable dans un contexte déjà tendu sur la main d’œuvre. »

Dans l’hypothèse d’une baisse de 20% du rendement, les viticulteurs coopérateurs pourraient perdre jusqu’à 20% de leur produit brut (en €/ha). « Les exploitations qui vendent à la fois en vrac et en bouteilles seraient moins impactées. En Bourgogne et dans le Beaujolais, leur produit brut diminuerait tout de même de 15 et 17%. »

-8 à -153% de résultat

In fine, dans le cas d’une récolte amputée de 10%, l’hypothèse intermédiaire des Chambres, la diminution du résultat courant par actif familial se situe entre 10 000 et 20 000 euros par an pour une grande majorité des systèmes étudiés. C’est l’équivalent du montant d’un demi à un salaire annuel au SMIC. « La perte de résultat évolue dans une fourchette comprise entre -8% et -153% ».

Pour pallier ces pertes, il faudrait que les viticulteurs augmentent le prix moyen de l’hectolitre de 3% à 22%. « Encore faut-il que le consommateur l’accepte » reconnaissent les auteurs, qui encouragent les pouvoirs publics à augmenter leur soutien à la filière.

Parmi les 18 cas étudiés, ce sont un viticulteur vendant son beaujolais en vrac au négoce et un coopérateur de la Drôme qui seraient les plus touchés. Le détail de l’étude est disponible ici.

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Tous les commentaires (9)
Paggu Le 01 décembre 2020 à 06:43:31
Bonjour, Suite à mon passage en bio (conversion), pour moi le coût supplémentaire uniquement du travail sous le rang en condition difficile (pente, devers, pierres) représente 619 €/ha soit 10% du chiffre d'affaire. Ne sont pas intégrés; le surcoût du ramassage des pierres et l'entretien du matériel (usure et casse). Il m'est impossible de calculer la baisse de rendement avec deux années de sécheresse et une de gel. Logiquement tenant compte de tous ces facteurs ainsi que les couts supplémentaires : la main d’œuvre et la protection phyto.., , il me faut une évolution du prix passant de 90 à 150€/hl.
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MG Le 30 novembre 2020 à 07:52:10
Et pis tous le monde sait que Mme Marion préfère les Bahamas (Humour).
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VignerondeRions Le 28 novembre 2020 à 17:38:44
Cher David et autres de la même trempe, c'est hallucinant de constater que si on ne fait pas dans la démagogie pseudo écolo bio, alors nous sommes financé pour cela par le lobby des phytos. Pour Mémoire bien des laboratoires fabriquent aussi des médicaments pour les humains, les animaux en plus de ceux pour les plantes. Alors j'espère sincèrement qu'au grand jamais vous n'utilisez leurs produits. Concernant les herbicides dont il est question dans cet article, je suis assez convaincu qu'il vaut mieux désherber 50 cm sous le rang 2 fois par an en contact, plutôt que de travailler bien plus souvent . Le bilan bénéfices/risques est bien meilleurs, au delà du simple bilan carbone, le travail répété n'est pas bon pour la biologie des sols, et contenir les adventices sur le cavaillon (suivant les régions et la pluviométrie) nécessite de trop nombreux passages. Mais ce n'est pas politiquement correct de tenir ce discours.
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J.Henry DAVENCE Le 28 novembre 2020 à 11:22:41
Cher David, ce pas Mme Bazireau qui a eu le voyage, mais les élus des chambres... Cherchez l'erreur
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La r?daction Le 27 novembre 2020 à 16:31:59
Cher David, Je vous remercie pour ce commentaire. La rédaction de Vitisphere est indépendante. Je n'ai donc pas été aux Maldives mais j'ai repris les conclusions de l'étude pilotée par le réseau national des Chambres d'agriculture. Vous pouvez suivre le lien disponible à la fin de l'article pour approfondir le sujet. Marion, pour Vitisphere
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David Arnaiz Le 27 novembre 2020 à 15:48:54
Chère Marion, avez-vous gagné un voyage aux Maldives offert par Bayer en échange de cet article fort contestable ?
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tchoo Le 27 novembre 2020 à 10:58:01
Pour Bordeaux, la baisse des rendements va bien tomber puisque surproduction il y a mais l'augmentation des prix c'est du rêve pour l'instant
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Viticulteur Le 25 novembre 2020 à 06:34:40
Il faut pas tomber dans le panneau de l'administration et justement faire une viticulture de bon sens avec l'aide des plantes (couverts végétaux) et un herbicide maitrisé si besoin et c'est tout travail du sol c'est une catastrophe écologique première Source de pollution bien avant herbicide il faut reprendre notre métier à bras le corps et Arrêté d'écouter les oiseaux de mauvaise augure.
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Benji Le 24 novembre 2020 à 19:26:13
Il est intéressant de voir les militants bios monter au créneau dès que l’on démontre l’impact d’une décision purement politico idologiquement ecolo ! Les mêmes militant qui ne veulent pas intégrer le bilan carbone engendré par leurs pratiques ni s’attaquer aux produits ménagers,médicaments,importations etc.... La priorité et de défendre l’agriculture française sans tomber dans le piège des lobbyistes bios qui ne pense que profits sur le dos des vrais producteurs bios la preuve quand on regarde les rayons bios des supermarchers ou on trouve des productions bios étrangères incompatible avec les productions françaises bios ou non
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