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Réduction des phytos

Le gouvernement dévoile une stratégie ambitieuse de déploiement du biocontrôle

Mercredi 18 novembre 2020 par Marion Bazireau

Le biocontrôle représente aujourd’hui plus de 11 % du marché de la protection des plantes, soit un volume de ventes estimé à 217 millions d’euros en 2019.
Le biocontrôle représente aujourd’hui plus de 11 % du marché de la protection des plantes, soit un volume de ventes estimé à 217 millions d’euros en 2019. - crédit photo : DR
D’ici janvier 2025, l’objectif de l’exécutif est de passer de 40 à 60% des usages couverts par le biocontrôle. Il va faciliter la mise au point de nouveaux produits et prévoit un million d’euros pour encourager les petites et moyennes entreprises à les utiliser.

« Le biocontrôle rassemble les méthodes de protection des végétaux faisant appel à des mécanismes naturels […] C’est une des clefs de la réussite de la transition agroécologique, qui répond à une attente forte de la société » rappellent ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et celui de la Transition écologique, en introduction du document de présentation de la stratégie nationale de déploiement du biocontrôle pour les 5 années à venir prévue par la loi Egalim. 

Conscient que la mise en place du biocontrôle est coûteuse pour les agriculteurs, le gouvernement va, « dès cette année », mettre en place un dispositif d’accompagnement des TPE et PME porté par la Banque publique d’investissement et doté d’un budget d’un million d’euros.

"Efficacité parfois limitée"

Le gouvernement reconnait aussi que « l’exercice qui viserait à n’utiliser que des méthodes de biocontrôle n’est pas toujours simple du fait du manque de solutions actuellement disponibles et parfois d’une efficacité plus limitée par rapport à des produits conventionnels » et promet de mobiliser la recherche pour y remédier.

Il estime en plus que l’application des produits de biocontrôle nécessite le développement de nouveaux équipements de machinisme ou de robotique. Pour ces raisons, « les projets relatifs aux solutions de biocontrôle seront prioritaires dans tous les dispositifs existants en R&D pour lesquels l’État apporte des financements dans le domaine agricole. »

L’exécutif veut aussi simplifier la réglementation du biocontrôle, notamment pour faciliter le recours aux pièges à phéromones pour la surveillance et la lutte contre les insectes ravageurs ou la dissémination dans l’environnement des « macro-organismes utiles à la protection des plantes. » L’accent sera également mis sur la formation des agriculteurs à ces nouvelles solutions.

Passer de 523 à 1000 produits

D’ici au 1er janvier 2025, l’objectif est de passer de 40 à 60% des usages couverts par le biocontrôle, de 523 à 1000 produits disponibles sur le marché, et de 377 à 420 macro-organismes autorisés.

Ce 17 novembre, Céline Barthet, présidente d’IBMA France, a assuré par voie de communiqué que l’association française des entreprises de produits de biocontrôle, qui fédère 42 membres, dont 33 actifs représentant 90 % du marché français, « aura à cœur de contribuer à la mise en œuvre et au succès de la stratégie gouvernementale ».

Parmi tous les axes de cette stratégie, la reconnaissance et la promotion du biocontrôle par l’Union européenne sont aux yeux de l’association les plus essentiels. « Le calendrier politique pourrait être opportun alors que la France se prépare à la Présidence du Conseil de l’UE lors du premier semestre 2022 » rappelle Céline Barthet.

30% des parts de marché en 2030

Le biocontrôle connaît un essor important. Il représente aujourd’hui plus de 11 % du marché de la protection des plantes, soit un volume de ventes estimé à 217 millions d’euros en 2019, en progression d’environ 8,5 % entre 2018 et 2019.

Selon le gouvernement, « les perspectives font état d’une part de marché possible de 15 % d’ici 2022 et un objectif de 30% à horizon 2030, participant à l’atteinte de l’objectif de réduction de 50% de produits phytopharmaceutiques en 2025 ». Le biocontrôle représentait, fin 2019, près de la moitié des actions standardisées au titre des certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques.

 

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