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« Tout le monde doit s’emparer des minimis pour mettre fin aux débats sur les résidus phytos »

Mercredi 11 novembre 2020 par Marion Bazireau

« Tout le monde doit s’emparer des minimis pour mettre fin aux débats sur les résidus phytos »
L’IFV et cinq laboratoires ont défini les minimis, les valeurs analytiques en dessous desquelles les substances actives sont considérées comme absentes d’un vin. Ils doivent désormais faire connaître leur outil.
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Dominique Le 12 novembre 2020 à 14:54:00
Parallèlement à la procédure judiciaire pour baîllonner « Alerte aux Toxiques », il fallait bien trouver encore un nouveau moyen d’éteindre l’incendie autour du sujet des pesticides. Pour cela, on a donc convoqué des « experts » pour dégager une position « consensuelle » susceptible de mettre fin à « l’hystérisation » ( comprendre : trouver un argumentaire contre ceux qui veulent boire du vin et pas un nectar empoisonné ). Certains laboratoires d’analyses ont donc mis leurs données en commun. C’est très louable au titre de données brutes. Cela ne leur donne pas pour autant le droit d’aller au-delà de cette expertise précise. Ils n’ont aucune expertise en toxicologie, ce qui n’empêchait pas le laboratoire Dubernet de s’aventurer sur ce sujet, en commentant les analyses de Valérie Murat. Ces labos sont en plein conflit d’intérêts et devraient circonscrire strictement leurs interventions à leur domaine technique. Les grands absents de ce conclave d’experts, ce sont les victimes : agriculteurs, salariés agricoles et riverains. Parce que pour un microgramme trouvé dans un vin, ce sont des kilos qui sont envoyés dans l’air respiré. L’IFV a aussi mis son « expertise » au service de cette démarche. On se souvient que l’IFV avait conduit la conception et la mise en œuvre du plan Ecophyto. Vu le succès de cette opération d’enfumage, on se serait attendu à ce que l’IFV fasse profil bas et contrition. Pas du tout. Magali Grinbaum est intervenue, elle qui continuait il y a peu à raisonner la toxicité des produits avec des concepts poussiéreux du type DL50 ou DLA, « la dose fait le poison », etc. sans prendre en compte l’effet des perturbateurs endocriniens, l’effet cocktail des différentes molécules. On ne peut conclure à l’absence d’effets aux doses dites « minimis »pour une raison simple : c’est que le nombre de molécules de synthèse et le nombre de combinaisons possibles entre elles sont tels qu’il faudrait un nombre d’études et un temps incalculables , Tout cet attelage donc, pour arriver à définir des seuils qui vaudraient « absence réputée » de la substance. Il aurait mieux valu dire : « Notre environnement est totalement imbibé par des produits chimiques toxiques et rémanents. Essayons donc de chiffrer ce bruit de fond pathogène ». Cela eut été plus honnête que de laisser penser à une innocuité à faibles doses.
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