LE FIL

Interdiction du mancozèbe

« La vraie problématique concerne la gestion du black-rot »

Vendredi 06 novembre 2020 par Marion Bazireau/Christelle Stef

Baies de raisin présentant différents niveaux d'attaque de black-rot.
Baies de raisin présentant différents niveaux d'attaque de black-rot. - crédit photo : D. Blancard (Inrae)
Chef de marché vigne, arboriculture, maraîchage pour UPL, le leader mondial du mancozèbe, Laurent Oudin détaille les modalités et les conséquences du non-renouvellement de cette substance active en 2021.

Sur combien d’hectares le mancozèbe était-il encore utilisé en France ? Quelles conséquences son interdiction va-telle avoir sur la gestion des pathogènes ? A quelle date l’interdiction sera-t-elle effective en France ? Suite au vote de la Commission européenne du non-renouvellement du mancozèbe ce 23 octobre, Vitisphere et La Vigne ont posé ces questions à Laurent Oudin, chef de marché viticulture, arboriculture et maraîchage pour UPL, leader mondial de la fabrication de cette substance active.

A partir de quelle date les viticulteurs ne pourront-ils plus acheter de mancozèbe en France ?

 

Laurent Oudin: Cette date risque de changer car la Commission européenne n’a pas encore publié le règlement d’exécution du non-renouvellement de l’approbation du mancozèbe. A l’heure actuelle, le mancozèbe reste approuvé jusqu’au 31 janvier 2021. A partir de l’entrée en vigueur du règlement, la Commission devrait autoriser une période de grâce de 6 mois pour la distribution et la vente des produits à base de mancozèbe. Une nouvelle période de six mois sera accordée aux viticulteurs pour l’écoulement des stocks. Les délais européens permettent donc une utilisation sur toute l’année 2021. Mais ce sont les Etats-membres qui fixeront les délais de grâce définitifs.

Combien d’hectares de vigne recevaient encore du mancozèbe chaque année ?

 

Les utilisations étaient en fort recul. 400 000 hectares de vigne avaient reçu au moins une des trente formulations à base de mancozèbe sur la campagne 2019, contre 300 000 cette année.

Quelles conséquences le retrait du mancozèbe du marché va-t-il avoir sur la gestion des maladies ?

 

Les viticulteurs perdent une molécule au mode d’action multisite, qui ne générait pas de résistances. Pour gérer le mildiou, il leur reste encore le folpel et le métirame de zinc. Ils vont devoir lutter contre l’oïdium avec des produits de la famille des IBS et des QoI, en prenant en compte les recommandations sur le nombre d’applications de la note technique commune résistances 2020.

A mon sens, la vraie problématique concerne la gestion du black-rot, en croissance depuis plusieurs années. Le mancozèbe était plus efficace que le métirame de zinc pour le contenir.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé