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Menace grandissante
L'Europe en ordre de bataille pour lutter contre le scarabée japonais

L'Italie n'a pas réussi à éradiquer le scarabée japonais. Il est aussi arrivé en Suisse. Tous les Etats-membres de l'Europe doivent mettre en place des plans de surveillance renforcée pour éviter qu'il ne continue à se propager.
Par Marion Bazireau Le 09 novembre 2020
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L'Europe en ordre de bataille pour lutter contre le scarabée japonais
Les scarabées japonais se rassemblent souvent en groupes pour dévorer les plantes de bas en haut. Ils affectionnent principalement le tissu entre les nervures des feuilles. - crédit photo : Plateforme ESV
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ix ans après son premier signalement, le scarabée japonais, Popillia japonica, a infesté 7500km² en Italie. « La stratégie d’enrayement mise en œuvre par le pays n’a pas fonctionné. Les Italiens ne peuvent plus éradiquer l’insecte. Ils tentent désormais de contenir sa propagation. La Commission européenne a notamment demandé aux autorités italiennes de renforcer le contrôle des mouvements de végétaux. Au total un millier de communes sont concernées par ces mesures » alerte Jacques Grosman, expert national viticulture et animateur du réseau des experts nationaux de la protection des végétaux au Ministère de l'agriculture et de l'alimentation.

En Suisse, des insectes adultes ont été piégés pour la première fois en 2017. La propagation a continué l’année suivante. La Direction générale de l’Alimentation (DGAL) a alors publié une note de service. « Les inspections en pépinières et chez les revendeurs soumis au passeport phytosanitaire ont été renforcées » détaille Jacques Grosman.

Organisme nuisible de quarantaine prioritaire

En 2019 l’Europe a classé le scarabée japonais « organisme nuisible de quarantaine prioritaire », au même titre que la bactérie Xylella fastidiosa. « Les Etats membres doivent désormais mettre en œuvre des plans de surveillance annuels sur tout le territoire de l’Union européenne » explique l’expert. « Des discussions sont en cours sur le renforcement des mesures concernant la circulation des végétaux, les traitements, et la zone tampons en Italie qui pourra être étendue à 15 kms. Un règlement devrait être publié cette fin d’année. »

Surveillance renforcée en PACA ou en Auvergne-Rhône-Alpes

La France a mis en place un plan de surveillance nationale en 2020, conformément aux obligations européennes. Des pièges ont été installés sur tout le territoire, et l’insecte est dans le viseur des équipes des SRAL ou des FREDON lors de leurs tournées de prospection. Ce plan devrait être renforcé du fait de la « menace » liée à la proximité du foyer italo-suisse. « On pourra privilégier la surveillance à proximité des axes de communication, notamment dans les régions limitrophes comme PACA ou Auvergne-Rhône-Alpes, explique Jacques Grosman, mais l’insecte pourrait très bien aller plus vite et plus loin, transporté par imprudence dans un véhicule. »

 

Comment repérer le scarabée japonais ?

Le scarabée japonais se repère plus facilement à l’état adulte qu’à l’état de larve. Adulte, il mesure environ 10 mm de long et 6 mm de large. Son abdomen, son thorax et sa tête sont vert métallique. Il est doté d’élytres d'un brun cuivre et de touffes de soies blanches sur le pourtour de l'abdomen.

Ce coléoptère se nourrit de plus de 300 plantes, dont la vigne. Les femelles pondent dans le sol et jeunes larves se nourrissent de petites racines. À la fin de l'automne, elles se retirent dans des couches de sol plus profondes pour passer l'hiver à l’abri du gel. Au printemps suivant, dès que la température du sol dépasse 10°C, elles migrent vers les couches supérieures du sol et recommencent à se nourrir de racines.

Les adultes émergent du sol entre mai et juin. Ils vivent entre 30 et 45 jours. Ils s’attaquent aux feuilles, fleurs et aux fruits fruits. Ils se rassemblent souvent en groupes pour dévorer les plantes de bas en haut. Ils affectionnent principalement le tissu entre les nervures des feuilles. Celles-ci prennent une apparence squelettique et brunissent avant de tomber. Les pétales et les fruits présentent des traces de morsures irrégulières.

Une fiche détaillée est disponible sur la plateforme Epidémiosurveillance Santé Végétale (ESV).

 

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