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Occitanie
La coopération lucide face à la situation du vignoble languedocien

Alors que se lance la campagne de commercialisation 20/21, la coopération viticole d'Occitanie se montre optimiste concernant la situation du marché sans pour autant omettre que certains segments de marché apparaissent critiques.
Par Michèle Trévoux Le 15 octobre 2020
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La coopération lucide face à la situation du vignoble languedocien
Ludovic Roux, président des Vignerons Coopérateurs d’Occitanie, assisté de Valérie Bastoul, directrice des services à Coop de France Occitanie. - crédit photo : Michèle Trévoux
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 « Nous avons des raisons de rester optimistes ». Lors d’un point presse de début de campagne, Ludovic Roux, président des Vignerons Coopérateurs d’Occitanie, a tenu à mettre en avant quelques signes encourageants pour la filière viticole régionale malgré cette situation de crise.

On nous envie notre plan de relance

« Pour le moment, l’Occitanie s’est plutôt bien sortie de cette période trouble liée à la pandémie. Fin juillet, les sorties de chais, tous vins confondus, étaient quasiment au même niveau que l’année précédente : 11, 7 millions d’hl. Avec la distillation de crise, ils atteignent même 12,2 Mhl, un niveau supérieur à ceux de ces 5 dernières années. Il n’est pas impossible que les vins d’Occitanie aient gagné des parts de marché pendant cette crise COVID », affirme le viticulteur audois, qui a également salué les mesures de crise qui ont été mises en place : la distillation de crise, les mesures nationales de soutien avec notamment le PGE, et le plan de relance de la filière viticole régionale, doté d’un montant de 14 M€ dont 7 M€ financés par la région. « Il y a des régions viticoles qui nous appellent pour savoir comment on a réussi à obtenir une telle enveloppe de la Région », a-t-il confié. Ce tableau plutôt favorable cache pourtant des situations très disparates : pour certaines coopératives, qui produisent beaucoup de rosés et de blancs, conditionnent en BIB et vendent en GD, les résultats sont très bons, pour celles positionnées sur des vins plus haut de gamme, vendus en CHR, la situation est beaucoup plus compliquée.

400 000 hl d’AOP sans marché

« Avec une récolte 2020 estimée à 12,8 Mhl en Languedoc-Roussillon et des stocks ramenés à un niveau normal grâce à la distillation, le marché est globalement à l’équilibre, mais nous avons de grosses difficultés avec nos AOP, dont le volume des ventes en vrac est en fort recul. Les vins d’entrée de gamme, qui représentent environ 400 000 hl, ne correspondent plus à la demande du marché. Il est illusoire d’espérer un retour en arrière. Il faut donc trouver des solutions pour aider ceux, en fin de parcours, qui souhaitent se retirer et accompagner les autres pour qu’ils s’adaptent, en ré-encépageant par exemple pour produire des IGP de territoire. Nous réfléchissons à des mesures d’accompagnement, comme une prime d’arrachage non définitif, avec possibilité de replanter dans un délai de 4 ans, car il n’est pas question de réduire à nouveau le potentiel de production de la région avec des primes d’arrachage définitif », plaide-t-il.

3 à 5 €/hl de hausse sur les rosés IGP

Concernant les IGP, le président des Vignerons Coopérateurs estime que des revalorisations de prix de 3 à 5 €/hl sont justifiés pour les rosés : « ce sont des vins qui sont plus chers à produire car plus technologiques. Et le marché est très porteur. Même avec cette augmentation, nous restons très compétitifs par rapport à d’autres régions de production ». Il réclame également des hausses de prix pour les vins à certification environnementale. « Là encore, les démarches HVE ou Terra Vitis génèrent des coûts. Il faut qu’ils soient répercutés sur les prix de vente de nos vins. Certains opérateurs le font déjà mais d’autre pas », a-t-il pointé. Pour les blancs et les rouges, les Vignerons Coopérateurs espèrent une stabilité des cours.

Des moyens pour développer Terres du Midi

Enfin pour l’IGP Terres du Midi, dont il préside l’ODG, Ludovic Roux, après concertation avec les metteurs en marché, demande à InterOc de dégager des moyens financiers pour soutenir le lancement de marques fortes pour faire décoller cette IGP : « Nous sommes prêts à accepter une baisse de 3 à 5 €/hl sur l’IGP Terres du Midi, afin que les metteurs puissent être plus offensifs et gagnent des parts de marché. Si on arrive à développer les volumes, qui sont encore confidentiels pour le moment (170 000 hl), on désengorgera le marché et on évitera d’éventuelles baisses des cours sur l’IGP Oc, en cas de sur-stock en fin de campagne », argumente-t-il.

Les Vignerons coopérateurs favorables au rapprochement des interprofessions

L’idée, lancée par la Fédération Sud des AOC, de rapprocher le CIVL et le CIVR, ne déplaît aux Vignerons Coopérateurs d’Occitanie. « Nous y sommes favorables, a indiqué Ludovic Roux, à condition qu’il y ait un projet bien défini, qu’on respecte l’identité et l’image de chacun et que tous les acteurs se mettent autour d’une table pour en discuter. Nous sommes à un tournant pour les AOP de la région. Il nous faut un projet qui redonne de l’espoir. Nous avons besoin d’une vision d’avenir », soutient-t-il

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