LE FIL

Cognac

Le gaz carbonique tue Romain Giraud, référent syndical de Grande Champagne

Vendredi 09 octobre 2020 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 14/10/2020 08:38:09

Romain Giraud commençait son deuxième mandat, il s'impliquait également dans la SAFER de Charente.
Romain Giraud commençait son deuxième mandat, il s'impliquait également dans la SAFER de Charente. - crédit photo : Philippe Ménard, Sud Ouest
En nettoyant ses cuves le vigneron charentais a succombé aux fortes concentrations de dioxyde carbone. Il venait d’être élu représentant du cru Grande Champagne au syndicat des viticulteurs.

Ce jeudi 8 octobre, le vigneron charentais Romain Giraud (38 ans) a succombé à l’hôpital d’une asphyxie contractée lors du nettoyage d'une cuve béton, l’exposant à de fortes concentrations de dioxyde de carbone. Ce lundi 5 octobre, « il a été retrouvé inconscient par ses salariés » rapporte le journaliste Philippe Ménard du Sud-Ouest , écrivant qu’« il faisait partie d’une génération de jeunes viticulteurs qui renouvellent le visage de l’appellation ».

Il avait suivi des études de droit et de sociologie avant de se reconvertir il y a douze ans au métier de vigneron en s'impliquant dans le domaine de son épouse, la SCEA de la Doue (32 hectares en Grande Champagne et 22 ha en Borderies), se souvient Philippe Ménard, ayant rencontré cet été Romain Giraud. Membre élu depuis trois ans du conseil d’administration de l’Union Générale des Viticulteurs pour l’AOC Cognac (UGVC), le vigneron charentais en était devenu le représentant du cru Grande Champagne à la suite du renouvellement des 287 délégués du syndicat viticole ce 9 juillet.

"C’est l’accident de trop"

« C’est dramatique, c’était une personne très intelligente et très bonne techniquement. C’est l’accident de trop » regrette Guillaume Duluc, l’autre référent du cru Grande Champagne pour l’UGVC. Pour le vigneron, « il n’y a que des accidents bêtes. Dans la période intense des vendanges et vinifications, il faut mettre en place des détecteurs de CO2, ventiler et arroser ses cuves, mais ne pas prendre de raccourci. C’est un rappel qui coûte trop cher. »

« Il nous a quitté beaucoup trop tôt, dans des conditions que l'on redoute tous dans la viticulture. Ce n'est hélas que trop régulier de perdre ainsi un viticulteur » confirme Anthony Brun, le nouveau président de l'UGVC.

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé