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Découverte

Les champignons des maladies du bois préfèrent la taille tardive

Lundi 12 octobre 2020 par Marion Bazireau

La météo plus chaude et humide de la fin de l’hiver pourrait expliquer la recrudescence des champignons.
La météo plus chaude et humide de la fin de l’hiver pourrait expliquer la recrudescence des champignons. - crédit photo : Creative Commons
Les plaies de tailles de février constitueraient une plus grande porte d’entrée pour les champignons responsables des maladies du bois que celles de novembre. D’après des chercheurs espagnols, mieux vaut tailler tôt pour limiter l’invasion.

Une équipe de chercheurs espagnols a étudié l’impact de la période de taille sur le développement des maladies du bois.

Ils ont pour cela choisi des blocs de 200 ceps dans six parcelles réparties dans plusieurs zones d’appellations de Galice, touchées en moyenne à 12% par les maladies du bois, avec notamment des symptômes de botryosphaeria, eutypia, phomopsis et esca.

Ils ont taillé une partie de ces ceps à la mi-novembre, l’autre en février, toujours en cordon de royat. Les trois mois qui ont suivi, les chercheurs ont échantillonné des sarments et réalisé des analyses d’ADN pour observer l’évolution des différentes populations champignons au niveau des plaies de taille. En parallèle, ils ont aussi relevé les précipitations, l’humidité et la température.

Pas d'impact sur les espèces

Pendant les deux ans de l’expérience, les mêmes ceps ont toujours attiré les mêmes espèces. « Nous avons constaté des variations en fonction de l’implantation géographique du vignoble mais pas en fonction de la date de taille » révèlent les chercheurs. « Par exemple, dans l’appellation Rías Baixas, les familles les plus abondantes étaient les dothioraceae (62,9%), suivies des cladosporiaceae (10,2%) et des pléosporacées (9,9%), alors que pour nous avons retrouvé 26,5% de cladosporiaceae et seulement 21,6% de dothioraceae dans l’appellation Ribeiro. »

En revanche, ils ont remarqué un fort effet saisonnier sur le nombre de champignons, avec des « populations significativement plus importantes sur les plaies après la taille de février que sur celles issues de la taille de novembre. »

Plus chaude et humide, la météo de la fin de l’hiver pourrait expliquer la recrudescence des champignons. Les chercheurs ont aussi remarqué une corrélation positive entre le cumul des précipitations et les populations de champignons du genre diaporthe, aux symptômes similaires à l’eutypiose et responsable de l’excoriose sur les vignes souvent âgées de moins de 8 ans.

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