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Espagne et Italie
Les ministres de l'Agriculture font le point, avant de lancer de nouvelles mesures

Alors que les vendanges se poursuivent, c'est l'heure du bilan pour les pouvoirs publics en Espagne et en Italie. Et la perspective de nouvelles mesures pour aider la filière vitivinicole se profile.
Par Sharon Nagel Le 01 octobre 2020
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Les ministres de l'Agriculture font le point, avant de lancer de nouvelles mesures
La filière italienne n’a consommé qu’une partie de l’enveloppe destinée à la réduction du potentiel de production - crédit photo : Coldiretti
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es services italiens de la Répression des Fraudes ont publié à la mi-septembre des données sur le volume des stocks à travers le pays. Contrairement à ce qu’on pouvait penser, les stocks de vins s’inscrivent en baisse de 3,7% par rapport au 15 septembre 2019, totalisant 36,6 millions d’hectolitres. Avec 4 Mhl, en revanche, les moûts affichent une progression de 17%. Près de 58% des stocks de vins se trouvent dans le Nord de l’Italie, notamment en Vénétie (8,75 Mhl), Toscane (4,89 Mhl), Emilie-Romagne (3,72 Mhl), dans le Piémont (3,66 Mhl) et en Lombardie (2,03 Mhl). Les Pouilles et la Sicile détiennent respectivement 3,17 Mhl et 2,06 Mhl. Par ailleurs, les vins rouges dominent, que ce soit pour les AOP (59,5%) ou les IGP (60,3%), et les AOP représentent elles-mêmes la majorité des stocks, avec 53,5% contre 25,4 % pour les IGP et 19,5% pour les autres vins ; les vins de cépage, quant à eux, ne constituent que 1,5% du volume total. La baisse des stocks intervient alors que les ventes de vins italiens dans le monde ont accusé une régression de 3,4% au premier semestre de 2020.

Des mesures peu incitatives

Toutefois, selon le dernier rapport de la société de courtage Ciatti, plusieurs catégories de vins italiens tirent bien leur épingle du jeu. Ainsi, « le Prosecco a observé une très forte reprise en août avec une hausse de 14% des mises en bouteille et des ventes par rapport au même mois en 2019 ; la nouvelle DOC Prosecco Rosé a suscité beaucoup d’intérêt ». Idem pour la DOC pinot grigio delle Venezie, « désormais présente chez la plupart des principaux détaillants européens et américains. Les mises en bouteille ont fait un bond de 40% en août par rapport au même mois de l’année dernière ». Résultat : globalement « la production italienne de 2020 est déjà fortement demandée ». Est-ce en raison de cette reprise, toujours est-il que la ministre italienne de l’Agriculture a annoncé récemment que sur l’enveloppe de 100 millions d’euros allouée à la réduction du potentiel de production dans les vignobles AOP et IGP, seuls 39 millions avaient été consommés.  D’après une information du syndicat agricole Coldiretti, Teresa Bellanova a affirmé vouloir étendre les fonds encore disponibles à la distillation des vins DOCG, « en élargissant le type d’intervention pour que ce soit intéressant pour les entreprises ». La mesure, qui viendrait compléter le dispositif de distillation déjà prévu pour les vins sans IG, permettrait également à l’Italie de surmonter la pénurie de gel hydro alcoolique.

Les disponibilités s’élèvent à 72,1 Mhl en Espagne

En Espagne, aussi, le ministre de l’Agriculture réfléchit à l’instauration de mesures qui permettraient de réduire le volume des disponibilités cette année. Même si le niveau des stocks en fin de campagne s’élevait à 34,6 millions, soit 6,7% de moins que lors de la campagne précédente, ils s’inscrivent en hausse de 6,8% par rapport à la moyenne quinquennale. Les sorties des chais ont régressé de 5% au cours de la dernière campagne et, compte tenu des estimations de production, les disponibilités pour la campagne 2020-2021 atteignent 72,1 millions d’hectolitres, soit un volume supérieur de 2,3% à la moyenne quinquennale. Au vu de ces chiffres, le ministre espagnol de l’Agriculture s’interroge sur la possibilité d’augmenter la quantité d’alcool minimum dans les sous-produits de la vinification, pour la faire passer de 10 à 15%. D’après le bilan du ministère dressé à la mi-septembre, les mesures extraordinaires mises en œuvre cette année ont mobilisé 91,5 millions d’euros sur trois mois. Néanmoins, le poids des stocks et des disponibilités pèse indéniablement sur le marché. Le prix des raisins, source importante de grogne chez les viticulteurs, a baissé de 25 à 30% cette année par rapport à l’année dernière, selon Ciatti. « Les ventes de vins en vrac ont avancé au ralenti, les stocks restent importants et les retiraisons de vins sous contrat ont été lentes. Concernant les stocks, la situation est particulièrement critique dans les petites entreprises qui approvisionnent le secteur CHR… Certains fournisseurs ont choisi de ne pas élaborer de vin cette année ».

 

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