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Appel à manifester

Les vignerons audois redoutent une interdiction de la chasse

Vendredi 11 septembre 2020 par Michèle Trévoux

Les sangliers provoquent des dégâts très importants dans les vignes au moment des vendanges, dévorant les raisins et limitant le volume de récolte pour les viticulteurs.
Les sangliers provoquent des dégâts très importants dans les vignes au moment des vendanges, dévorant les raisins et limitant le volume de récolte pour les viticulteurs. - crédit photo : CC0 Creative Commons
Le syndicat des Vignerons de l’Aude appelle ses adhérents à manifester le samedi 12 septembre devant la Mairie de Prades (66) pour la défense de la chasse, qu’ils craignent menacée par un projet de loi.

« Cette proposition de loi est aussi hallucinante que dangereuse ». Le syndicat des vignerons de l’Aude s’inquiète du projet de loi relatif au bien-être animal qui a été déposé à l’Assemblée Nationale le 20 août dernier. L’article 4 de ce texte prévoit l’interdiction de « la chasse à courre et [des] pratiques de chasse équivalentes, ainsi que les chasses dites traditionnelles ». « C’est un projet qui met en danger les pratiques de chasse au chien courant et par conséquence, celles des chasses en battues. Ce texte ouvre, purement et simplement, la voie à l’interdiction de la chasse en France », s’alarme le syndicat audois.

"La chasse au grand gibier permet de sauver la récolte"

Or, dans l’Aude comme dans bien d’autres départements, les sangliers font des dégâts terribles au moment des vendanges, se nourrissant des raisins. « Pour la viticulture audoise, notamment en cette période de vendanges, la chasse au grand gibier permet bien souvent de sauver une récolte. Car c’est par la combinaison du piégeage, du tir de nuit, et de la chasse en battue que les populations peuvent être maintenues à un niveau correct. Lequel permet le maintien des espèces sur leurs territoires, mais également la pérennisation d’une activité viticole, certes économique, mais actrice majeure de l’entretien des paysages », soutient le syndicat dans un communiqué de presse, appelant ses adhérents à rejoindre la manifestation de défense de la chasse, organisée par la Fédération Française de chasse, le samedi 12 septembre 2020, devant la Mairie de Prades (66), fief du Premier Ministre Jean Castex.

2,5 ha raclé par les sangliers

Dans l’Aude, sur la campagne 2017-2018, la Fédération de chasse a reçu 441 demandes d’indemnisation pour des dégâts de sanglier dans les cultures, dont 136 pour la viticulture. Elle a versé 415 000 € d’indemnisation. Un chiffre qui ne reflète pas l’ampleur des dégâts selon Michel Larregola, viticulteur dans les Corbières, qui se bat depuis 1994 pour faire reconnaitre ce fléau pour la viticulture. « Dans les Hautes Corbières, le vignoble est dispersé, nous avons des petites parcelles disséminées ici et là, au milieu d’un territoire peuplé de gibier. Nos raisins sont une proie facile pour les sangliers. En 2016, nous avions fait une enquête auprès des viticulteurs producteurs de Corbières. Les dégâts avaient été estimés à plus de 600 000 €. En 2018, j’ai eu 2,5 ha que je n’ai pas pu vendanger. Les sangliers avaient tout nettoyé. L’indemnisation proposée par la Fédération de chasse était si dérisoire que je l’ai refusée », témoigne-t-il.

L’Aude et les Corbières ne sont pas les seuls territoires en proie aux ravages des sangliers dans les vignes. Dans l’Hérault, les responsables professionnels tirent également la sonnette d’alarme. Ils ont fait part de leur inquiétude le 31 août dernier, à Jacques Witkowski, Préfet de l’Hérault, lors de sa tournée des vendanges. Ce dernier est bien conscient du problème, précisant que 20 000 sangliers avaient été tués en 2019 dans l’Hérault. « Il faut recréer l’habitude rurale de la chasse, qui fait partie de l’écologie », a-t-il défendu. Un soutien sans équivoque.

 

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