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Val de Loire
L'hétérogénéité des baies pèse sur le millésime 2020

Les degrés potentiels se sont envolés dès la fin août sur certaines parcelles de chenin et de côt. Mais cette précocité est loin de régner dans toutes les vignes, avec une hétérogénéité très marquée. Certaines grappes n'avaient pas encore verré début septembre.
Par Ingrid Proust Le 08 septembre 2020
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L'hétérogénéité des baies pèse sur le millésime 2020
Nombre de grappes présentent cette année une maturation hétérogène, comme ici en AOC Chinon le 2 septembre. La maturation phénolique peine à se réaliser. - crédit photo : Ingrid Proust
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« Le 25 août, nous avons relevé 15,3° de degré potentiel sur une parcelle de chenin en AOC Vouvray. Incroyable ! Le même jour, une autre vigne de la même appellation titrait seulement 7,5° ». Pour Philippe Gabillot, œnologue à la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire, « l’hétérogénéité est le maître mot de ce millésime ». Sur cabernet franc au 31 août, les degrés potentiels oscillaient entre 8,1 à 11,6 mais la diversité des raisins se traduit surtout par des teneurs en anthocyanes très inégales. « La maturité phénolique peine à avancer. L’hétérogénéité est grande, dans les parcelles et au sein même des grappes, avec des baies qui n’ont pas encore verré », constate Bruna Marti-Trevisan, œnologue au laboratoire Innovalys à Tours, ex-Laboratoire de Touraine.

Une chaleur exceptionnelle

 Cette hétérogénéité est le reflet d’une climatologie en dents de scie. « La fleur a été magnifique, puis juin a été pluvieux. Ce fut ensuite la sécheresse. Début véraison, les vignes ont manqué d’eau », explique Jérôme Billard, vigneron en AOC Chinon. « 2020 a été selon nos relevés la 3e année la plus chaude de ces 60 dernières années, après 2003 et 2018. La répartition des pluies a été inégale et des vignes ont été en stress hydrique cet été », précise Bruna Marti-Trevisan. Les  blocages de maturité se sont multipliés. Selon la chambre d’agriculture, le climat de l’été a entraîné une carence potassique, se traduisant par une véraison hétérogène sur cabernet. Sur Chinon, Bourgueil et St-Nicolas, la récolte pourrait démarrer qu’autour du 20 septembre.

Une acidité basse

Dans l’appellation Vouvray, les vendanges commencent ce lundi.  « Certaines grappes ont grillé, d’autres sont touchées par le botrytis », indique Philippe Gabillot. En Touraine-Amboise, des vignes ont aussi peiné sous les fortes chaleurs. « Certaines sont en blocage de maturité et ont perdu leurs feuilles au niveau des grappes, en particulier sur des  sols silicieux, observe Xavier Frissant, vigneron à Mosnes. Mais les côts sont magnifiques. Ce cépage du Sud-ouest, bien adapté à notre terroir, est armé pour faire face à l’évolution du climat ». « Globalement les côts présentent une bonne évolution de leurs composés phénoliques », note Bruna Marti-Trevisan. « Au 24 août, nous avions déjà relevé 10° de degré potentiel dans une parcelle de côt !, signale Mélissa Merdy, conseillère viticole à la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire. Les maturités sont homogènes, mais les acidités sont basses ». Les raisins de chenin présentent également de faibles acidités. Côté sauvignon en revanche, les premiers jus récoltés sont frais et aromatiques.

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