LE FIL

Joël Forgeau

"Consommer trois verres de vin ne transforme pas en brute !"

Lundi 07 septembre 2020 par Alexandre Abellan

« Si tout ce qui a été trouvé par la Mildeca pour combattre la matraitance c’est de dire qu’il ne faut plus boire de vin… » lâche Joël Forgeau.
« Si tout ce qui a été trouvé par la Mildeca pour combattre la matraitance c’est de dire qu’il ne faut plus boire de vin… » lâche Joël Forgeau. - crédit photo : Mildeca (montage de l'animation publiée sur Twitter ce 27 août 2020)
Le président de Vin & Société s'emporte contre une campagne de communication liant la consommation de trois verres d'alcool avec des violences.

A chaque rentrée sa campagne de communication hygiéniste. Après le tire-bouchon de septembre 2017, un verre de vin en septembre 2018 et le débat sur le janvier sec l’an passé, voici-venu le slogan « un, deux, trois verres : l’alcool rend joyeux, festif, violent » relayée sur les réseaux sociaux par la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives (Mildeca). « A l’approche des vendanges et des foires aux vins, il y a des messages qui se durcissent du côté de la Santé » soupire Joël Forgeau, le président de Vin & Société, qui dénonce dans ce cas « un raccourci effarant entre la consommation de trois verres de vin et de la maltraitance. C’est un raccourci totalement scandaleux, alors que les violences sont des phénomènes complexes et multifactoriels que tous les vignerons condamnent évidemment. Mais attaquer la consommation de boissons alcoolisées, c’est une facilité pour ne pas traiter les vrais problèmes. C’est une fois de plus une attaque abusive. »

S’indignant d’un amalgame caricatural, Joël Forgeau a envoyé une lettre d’incompréhension à Nicolas Prisse, le président de la Mildeca. « Son retour est mi-figue mi-raisin, il nous a répondu en substance que cette campagne n’était pas neuve, qu’elle avait déjà été mise en avant l’an passé et qu’il n’y avait pas de souci. Mais pour nous il y a un souci, l’ensemble des vignerons ne peut pas comprendre que l’on mette sur leur dos la détresse des Français [victimes de violences] » regrette le vigneron du Muscadet.

"Hygiénisme le plus dur"

La filière viticole voyant dans ce message une relance de la dénormalisation de la consommation de vin, Joël Forgeau souligne que cette vision répond « à l’hygiénisme le plus dur, selon lequel il n’y a pas de consommation sans risque. [Selon eux], le premier verre de vin est dangereux pour sa santé et son entourage. » Vin & Société souligne plus globalement l’incohérence de ce message par rapport à la réalité des pratiques françaises. « Cela fait longtemps que les Français suivent les conseils de consommation. 9 Français sur 10 boivent moins de dix verres d’alcool par semaine. Qui peut cibler le message de la Mildeca ? Ils sont à rebours des réalités [de la prévention]. »

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