LE FIL

Exit les crayons

Ces capteurs enregistrent vos émotions lors des dégustations de vin

Mardi 11 août 2020 par Marion Bazireau

Lors du « Grape Day », le professeur Miguel Pedroza est apparu à l’écran le visage bardé de capteurs
Lors du « Grape Day », le professeur Miguel Pedroza est apparu à l’écran le visage bardé de capteurs - crédit photo : Etat de Fresno
Aux Etats-Unis, les arômes des vins sont évalués grâce à des électrodes placées sur le visage, les doigts et la poitrine des dégustateurs. Un logiciel analyse leurs réactions.

Lors du « Grape Day », organisé ce 4 août par l’Université californienne de Fresno, le professeur Miguel Pedroza est apparu à l’écran le visage bardé de capteurs. Pendant 30 minutes, assisté de deux étudiants, il a fait la démonstration d’une nouvelle technique pour évaluer les arômes des vins.

Pour éviter tous les biais qui peuvent fausser les résultats lors de l’analyse sensorielle classique, cette équipe place des électrodes sur le visage, les doigts, et la poitrine des dégustateurs. Une fois équipés, les dégustateurs sont assis devant un ordinateur et doivent sentir une série d’arômes selon les consignes dictées par un logiciel.

Dans les 20 secondes qui suivent le « sniffing », les capteurs du visage enregistrent la réponse des muscles et des nerfs. « Les mouvements des muscles situés sur le front au-dessus des sourcils révèlent un dégoût, tandis que ceux des joues sont liés au plaisir » explique Miguel Pedroza.

La vanilline ralentit la fréquence cardiaque

Sur le majeur et l’annulaire, les capteurs mesurent la conductance cutanée, liée à la quantité de sueur. « Lorsque la transpiration augmente, cela signifie que le dégustateur est soumis à une odeur désagréable. » Ces mauvaises odeurs provoquent aussi une augmentation de la fréquence cardiaque, enregistrée grâce aux électrodes placées sous la clavicule et sur la poitrine.

Miguel Pedroza a présenté des résultats obtenus avec la vanilline, le linalol, un terpène à l’odeur florale, et le buis, à l’odeur de pipi de chat, et des arômes désagréables de transpiration. S’appuyant sur les graphiques fournis par le logiciel, le professeur a expliqué que l’odeur plaisante de la vanille avait ralenti la fréquence cardiaque. « A l’inverse, on voit sur le graphique une réponse très rapide du dégustateur soumis à l’odeur de transpiration, avec une augmentation du rythme cardiaque. Pour le linalol et le buis, l’électrocardiogramme n’a pas bougé, indiquant un sentiment neutre ou une acceptation du dégustateur. »

"Mettre le système à disposition des caves"

Ces capteurs sont capables de transférer leurs données sans fil. « On pourrait les utiliser n’importe où, dans toutes les salles de dégustation voire dans les lieux de vente du vin » a poursuivi Miguel Pedroza, dont l’objectif est de mettre le système à disposition des caves et négociants pour tester leurs produits auprès des consommateurs.

Retrouvez la présentation du professeur Miguel Pedroza dans ce replay du « Grape Day », à 1 :55 :00.

 

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