LE FIL

Des touristes prudents

L’oenotourisme en Languedoc reprend doucement son rythme estival

Lundi 17 août 2020 par Céline Bourgeois

Au domaine du Vieux Chai à Roquebrun, Sophie Jean et sa sœur Florence ont dû entièrement réorganiser l'accueil des oenotouristes pour assurer les mesures de distanciation sociale.
Au domaine du Vieux Chai à Roquebrun, Sophie Jean et sa sœur Florence ont dû entièrement réorganiser l'accueil des oenotouristes pour assurer les mesures de distanciation sociale. - crédit photo : Sophie Jean
Après un démarrage très calme, les professionnels du tourisme espèrent voir la saison estivale prendre ses vraies couleurs au mois d’août. C’est le cas également des vignerons qui proposent une activité d’oenotourisme...

La crise liée à la  Covid-19 a déjà engendré une perte de chiffre d’affaires pour l’industrie touristique d’Occitanie, estimée à 1 milliard d’euros, selon la dernière étude du Comité du tourisme régional (CRT) d'Occitanie. Une activité quasiment à l’arrêt également dans le secteur de l’œnotourisme, entre la deuxième quinzaine de mars et la deuxième quinzaine de mai, avec d’importantes baisses de chiffres d’affaires pour certains vignerons. « Durant cette période nous avons observé une baisse de fréquentation importante, de l’ordre de 70% à 80% » observe Virgile Joly, vigneron à Saint-Saturnin. C’est le cas également au domaine du Vieux Chai à Roquebrun où Sophie Jean et sa sœur Florence ont dû entièrement réorganiser la vie au vignoble. « Chaque année, nous accueillons des groupes et des familles pour leur faire découvrir notre terroir et nos vins, à travers des balades sensorielles. Or, faute de clients au printemps, nous avons recentré notre travail au chai et à la vigne ».

Repenser l’offre et les conditions d’accueil

Heureusement, le rebond semble vouloir se confirmer avec une reprise sensible des réservations en juin et juillet. « Les touristes sont de retour depuis la deuxième semaine de juillet, avec toutefois des attentes différentes. Au téléphone ils s’interrogent davantage sur les conditions d’accueil. C’est pourquoi au domaine, nous avons repensé notre offre et nos parcours. Nous avons notamment mis des lavabos à disposition, avec du gel hydraulique. Nous faisons également en sorte que les gens ne se croisent pas » précise Sophie Jean.

Accueillir une clientèle plus locale

La crise et ses conséquences impactent également la composition des clientèles. « Cette année, nous recevons clairement moins de groupes. Nous notons par ailleurs une absence quasi complète des étrangers pourtant très amateurs de balades dans les vignes et de découverte du vignoble. Nos clients français réguliers sont également moins au rendez-vous » déplore Virgile Joly.

La clientèle de proximité constitue en effet l’essentiel de la fréquentation des domaines. « La majorité des touristes est originaire du département lui-même ou des départements limitrophes » ajoute Sophie Jean.

Si la  clientèle est plus locale, elle est surtout peu encline à dépenser. « Les touristes qui viennent au domaine cette année, ne sont pas nos clients traditionnels qui ont en général des paniers d’achats plus importants, de l’ordre de 200 euros. Là, les gens sont de passage et découvrent nos vins avec des dépenses autour de 40 à 50 euros » remarque Virgile Joly, qui reste positif. « Finalement, cette crise nous permet de renouveler notre clientèle et de faire découvrir nos vins à d’autres personnes ».

Rester stoïque face à l’imprévu

Devant cette crise sans précédent, les vignerons restent toutefois stoïques. « En tant qu’agriculteurs nous sommes habitués aux aléas climatiques et à faire face à l’imprévu. Chaque année est un nouveau défi et 2020 ne déroge pas à la règle ! » conclut Virgile Joly.

 

 

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