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Provence
Le vignoble de Bandol déclasse 20 hectares d'AOC à cause d'une déchetterie sauvage

Déchargés pendant des décennies, des tonnes de gravats et déchets d'entreprises du BTP coûtent l'appellation à des terres agricoles qui auraient pu être plantées.
Par Alexandre Abellan Le 30 juillet 2020
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Le vignoble de Bandol déclasse 20 hectares d'AOC à cause d'une déchetterie sauvage
Les décharges sauvages ne touche pas que les zones agricoles, mais aussi les zones forestières dans le Var. - crédit photo : Gendarmerie du Var (décharge perquisitionnée en juillet 2020)
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ans le Var, « des entreprises malhonnêtes trafiquent les déchets et les enterrent parfois n'importe comment » rapporte RTL, qui souligne qu’« il y a eu un grand coup de filet, il y a quelques semaines, avec à la clé plusieurs suspects interpellés ». La décharge sauvage de gravats et autres déchets de construction « est l’un des fléaux de la région » soupire Cédric Gravier, le président syndicat viticole de l’AOC Bandol.

Face aux dérives des entreprises du BTP dans le Var, le vigneron provençal n’en salue que plus fortement la fermeture de la décharge illégale de Castellet l’hiver dernier* : « depuis 30 ans, des tonnes de déblais sont déchargés en camions et semi-remorques dans une zone agricole entourée de vignes. La pose de scellés et des procédures d’interpellation y ont stoppé complétement la décharge des déblais. » Ces terroirs potentiellement viticoles ne sont majoritairement pas plantés et ne le seront jamais indique le président de Bandol, qui précise qu'une parcelle déclassée était en production et appartenait au propriétaire de la décharge (qui était viticulteur et oléiculteur).

Apport de terres exogènes

« Cette zone est déclassée suite à l’apport de terres exogènes et, surement, la pollution du sous-sol » explique Cédric Gravier. Pour l’appellation de Bandol, cela représente une perte définitive de 20 hectares de potentiel de production. Alors que l’AOC Bandol réunit 1 500 ha plantés pour un potentiel théorique de 3 500 ha (l’aire d’appellation possible étant large, englobant parfois des zones non agricoles), ce déclassement de 18 ha représente une perte sèche financière non négligeable (un hectare se négociant 125 000 euros en 2019 selon les données de la SAFER). Les premières décisions de déclassement datent d'une quinzaine d'années, quand les dernières remontent à 2019. Des études sont en cours pour déclasser d'autres parcelles en bordure de la déchetterie.

La fermeture de la déchetterie de Castellet ne marque pas la fin des décharges sauvages, le transfert de ces déchets du BTP se faisant sur d’autres terrains. « Le problème est plus difficile à gérer pour les personnes, vigneronnes ou non, qui ont des parcelles non-exploitées et y autorisent déchargement de graviers » souligne Cédric Gravier, qui s'inquiète également des impacts de ces décharges sauvages sur les nappes phréatiques.

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