LE FIL

Tensions en Provence

Un viticulteur tiré à la carabine pour un traitement nocturne

Jeudi 23 juillet 2020 par Marion Bazireau

Le viticulteur a découvert les deux impacts de balle lorsqu'il rinçait la cuve de son pulvérisateur.
Le viticulteur a découvert les deux impacts de balle lorsqu'il rinçait la cuve de son pulvérisateur. - crédit photo : DR
Les faits se sont déroulés dans le Var, dans la nuit du 16 au 17 juillet, alors que le viticulteur traitait une parcelle à la bouillie bordelaise. Les balles ont percé la cuve de son pulvérisateur.

« Là c’est la cuve, demain ce sera la tête » alerte Laurent Grimaud, secrétaire général de la FDSEA du Var, qui s’est constituée partie civile suite à la plainte déposée le 17 juillet par un viticulteur à Gonfaron (83). « Quelques heures plus tôt, dans la nuit, il a été visé à deux reprises par des tirs à la carabine, alors qu’il réalisait un traitement à la bouillie bordelaise » détaille Laurent Grimaud.

Le viticulteur souhaite rester anonyme. « Il est complètement choqué, il aurait pu mourir » poursuit le secrétaire général. Le viticulteur était dans son tracteur lorsque deux coups de feu ont retenti. Il n’a pas tout de suite compris. « Au premier coup, il a cru avoir crevé un pneu. Au deuxième, il a pensé avoir renversé dans sa cabine une canette vide de Coca avec son bras. C’est lorsqu’il est rentré au hangar pour rincer la cuve de son pulvérisateur pneumatique qu’il s’est rendu compte qu’elle fuyait, percée par deux impacts de balles. »

Le voisin reconnaît les faits

Les gendarmes ont analysé la trajectoire balistique. Les tirs sont partis d’une habitation située à une trentaine de mètres de la parcelle. Le voisin du viticulteur a reconnu les faits. Il était alcoolisé. « Cela n’excuse rien, reprend Laurent Grimaud. On a l’habitude de se faire insulter ou filmer lorsque l’on traite, mais se faire tirer dessus, c’est du jamais-vu. Dans le Var, on traite tous de nuit. C’est là qu’il y a le moins de vent et que la vigne est la plus réceptive. Le tracteur tourne 10 minutes sur une parcelle, c’est comme le camion poubelle qui passe à 5 heures du matin, ça ne dérange personne. »

Le pulvérisateur et le deuxième impact de balle.

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VOS RÉACTIONS
gus Le 03 août 2020 à 14:26:46
A Phan :" les riverains aimeraient bien savoir quel produit on vaporise sous leurs fenêtres et à quelle heure..."Pour vous rassurer , il s'agit là d'un pesticide "bio"... A Craoux : En l'occurrence on a affaire ici à un pochtron irascible....Mais n'oubliez pas qu'en plus de l'alcool , il est aussi victime du discours ambiant des "agribasheurs" ordinaires .....
craoux Le 30 juillet 2020 à 16:04:58
Bravo à Henri Perron pour son recadrage auquel je souscris totalement. J'espère que Gattaca ne s'emporte pas toujours de cette manière dans la vie et qu'il réfléchira, à l'avenir, avant de lâcher un commentaire aussi indigeste qu'incompréhensible. Dommage qu'il n'y ait pas une modération des propos .. au cas particulier, compte tenu des éléments rapportés dans votre article, rien ne permettait à Gattaca et Michel de conjecturer sur le profil des gens qu'ils haïssent. Un commentaire ne peut pas se résumer à un accès d'humeur gratuit !
Henri Perron Le 29 juillet 2020 à 13:44:24
Vous partez du principe, dans vos interventions, que le tireur est un sinon un promoteur, au moins adepte de l'écologie, ainsi qu'un néo-rural ; qu'en savez-vous ? Et si c'était simplement un gros con aviné (ce qui semble être le cas) qui n'aime pas être réveillé par les bruits ?
Gattaca Le 28 juillet 2020 à 15:38:55
Absolument scandaleux ! Ces beaufs/bobos/bourges/écolos pastèques n'y connaissent strictement rien à l'agriculture et se permettent de commettre des actes qui devraient les envoyer tout droit en prison ou avoir des TIG pendant un an dans une exploitation agricole ! Cet escroloverdâtre ne doit même pas savoir que l'AB utilise aussi de la bouillie bordelaise pour traiter (pesticide de synthèse, théoriquement interdit dans la charte de l'AB) ni que l'AB traite aussi avec bien d’autres pesticides. Il est vrai que l'AB les appelle "biopesticides" (le terme lui même est d'une stupidité sans nom) comme si le préfixe "bio" les exonéraient de leur dangerosité ! De plus le délinquant était alcoolisé... sait-il que l'alcool est un puissant cancérigène ? et que l'alcool est une cause très importante de décès en France. Pour info, il faudrait manger 25 millions de pommes (issues de l’AB ou pas, avec ou sans la peau) pour ingérer autant de substances cancérogènes que celle (alcool) contenue dans un seul verre de vin !
Michel Le 25 juillet 2020 à 11:05:20
Totalement scandalisé par ces gens qui envahissent les campagnes nourricières sans en comprendre le fonctionnement. J'ai traité de nuit pendant treize ans dans l'Aude en n'essuyant à l'époque que quelques commentaires en croisant les copains. Ce serait bien difficile maintenant. Valable pour coqs, vaches ou autres chèvres .
Phan Le 25 juillet 2020 à 11:04:09
"Ça ne dérange personne" ? Vraiment ? Manifestement si ! Comme le camion poubelle à 5 h du matin, surtout la collecte du verre... Bien sûr ce n'est pas une raison pour sortir le fusil, mais pas une raison non plus piur monter au créneau sur le thème "demain ce sera la tête" ! C'est un vrai sujet de fond, surtout dans le Var, où les parcelles sont souvent entourées d'habitations, dont les riverains aimeraient bien savoir quel produit on vaporise sous leurs fenêtres et à quelle heure...
PONZ SZYMANSKI Le 24 juillet 2020 à 23:58:18
C'est totalement honteux et scandaleux ! Les vignerons sont non seulement maltraités, méprisés par tous ceux qu'ils font vivre, mais en plus considérés comme des pestiférés par une partie de la population .... pourtant ce ne sont pas nous qui polluons le plus .....maintenant s'il faut en plus risquer sa vie....cela vaut il la peine de continuer à fournir des emplois en France pour un Etat qui n'est intéressé que par les industries de pointe.....et qui laisse tomber l'agriculture et la viticulture...
Mairesleg Le 24 juillet 2020 à 21:18:45
Ne pas laisser passer ce genre de réaction violente. Et surtout pourquoi ne pas donner le nom du protagoniste?
mimi Le 24 juillet 2020 à 13:06:33
Est ce qu'il va falloir un mort pour que le gouvernement réagisse? Va t il falloir que les viticulteurs aient de quoi se défendre dans les tracteurs? Où en sommes nous arrivé dans notre agriculture? Suite à des reportages où l'on montre combien les viticulteurs sont des empoisonneurs , les gens se font de fausses opinions. Il y a longtemps que nous faisons des efforts, nous n'avons pas attendu les pouvoirs publics, pourtant en discutant avec d'autres viticulteurs, on voit bien qu'il y a une peur de représailles . Combien d'hectares faudra t il arracher pour que ces gens des villes qui s'installent en campagne trouvent enfin la paix!!!
Dangers Le 23 juillet 2020 à 14:32:26
Le gogol local débridé par les attaques incessantes du service public médias contre les agris. Sans faire de mauvais humour mais le gogol local j'espère qu'il ne cnsommait pas du vin bio local pour s alcoolisée. Sinon c'est une vrai pasteque : du rouge à l'intérieur d'un verre ! Lle viti tournait lui au coca. Est ce AB compatible? Sans doute oui.
Sempéré Gabriel Le 23 juillet 2020 à 11:45:00
Il est triste que ces hommes et femmes, vignerons, qui font vivre une économie dans les départements soient la cible toute désignée des pastèques (verts à l'extérieur et rouges à l'intérieur) surnom que je donne aux écologistes dans mes articles .
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