Accueil / Commerce/Gestion / "Pourquoi ne pas créer un marché de rosé de Provence non millésimé ?"

Pour gérer un stock de 15 000 hl
"Pourquoi ne pas créer un marché de rosé de Provence non millésimé ?"

D'après les dernières prévisions du CIVP, il devrait rester cette année un stock supplémentaire d'environ 150 000 hectolitres de rosé. Du jamais vu pour des vins qui sont traditionnellement épuisés dès la fin de l'été ! Rencontre avec le président de l'interprofession.
Par Laure Lambert Le 03 juillet 2020
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Jean-Jacques Bréban, président du CIVP : 'Ce que les consommateurs français n’apprécient pas, ce sont les variations de prix. Le fait de disposer de ces hectolitres supplémentaires va nous permettre d’avoir un volume stable tous les ans pour éviter ces soubresauts au niveau des prix.' - crédit photo : DR
P

Pour gérer les stocks, vous avez évoqué l’idée de commercialiser des rosés non millésimés. Pensez-vous que les acheteurs soient prêts à boire des rosés de 2019 ?

Je tiens à rappeler qu’il ne s’agira pas d’invendus moins qualitatifs, mais d’un stock prévisionnel qui pourra servir à l’assemblage de rosés gastronomiques. Le millésime n’est ni une obligation ni un signe de qualité. Depuis des années, le Centre du Rosé travaille sur la conservation des rosés. Conserver un rosé dans des conditions optimales, nous savons le faire techniquement. Pourquoi donc ne pas créer un marché non millésimé qui alimentera la grande distribution française ? Ce ne sont pas les consommateurs qu’il va falloir convaincre mais les vignerons, car, dès la vendange, ils devront faire le choix de garder un peu de stock de côté.

Faut-il envisager une baisse des prix des rosés pour relancer le marché français ?

Ce que les consommateurs français n’apprécient pas, ce sont les variations de prix. Le fait de disposer de ces hectolitres supplémentaires va nous permettre d’avoir un volume stable tous les ans pour éviter ces soubresauts au niveau des prix. Les rosés ne sont pas tous les mêmes, il y a différentes appellations à des prix différents. A nous de recréer du lien avec les acheteurs, en proposant des dégustations dans les grandes surfaces de ces rosés gastronomiques.

Le marché des rosés peut-il connaître des difficultés identiques à celui de la Champagne ?

Non. Les vins de Champagne ont été lourdement impactés par la crise car ils sont associés à un produit de fête, et pendant le confinement, leur consommation a fatalement reculé. Les rosés, eux, ont continué de progresser. Nous ne sommes donc pas sur le même marché. Le rosé de Provence est une belle réussite, c’est un joli produit avec un impact marketing fort, donc il faut poursuivre ce positionnement premium que nous avons adopté depuis le début.

Une appli pour renouer avec les consommateurs

Pour soutenir l’œnotourisme, le CIVP lance cet été « Destinations Vins de Provence », une appli téléchargeable gratuitement à partir du 8 juillet. Développée par l’agence varoise Declik, en partenariat avec les organismes locaux du tourisme, elle doit permettre de fédérer autour des professionnels du vin les touristes et les locaux. L’idée ? Les inciter à se rendre, en échange de lots à gagner (week-ends en Provence, bons d’achats…), dans l’un des 250 caveaux, 50 caves et 100 restaurants actuellement référencés.

Partage Twitter facebook linkedin
CONTENUS PARTENAIRES
Tous les commentaires (1)
craoux Le 07 juillet 2020 à 10:21:02
Seul un n?gociant peut imaginer un sc?nario "ros? de Provence sans mill?sime" ! Je m'explique : il y a (au moins) deux atouts ? la r?ussite de Listel (IGP Sable de Camargue - ros? non mill?sim?) > 1/ Listel a la totale ma?trise qualitative "amont" de SON vignoble et 2/ Listel a la totale ma?trise du process de vinification (technologie mise en ?uvre notamment). Dans ces conditions, la proposition historique de commercialiser un vint ros? ? la "qualit?" standard s'est av?r?e ?tre une strat?gie r?alisable. De plus, son prix raisonnable en a fait un produit accessible, sans prise de t?te. Dans le cas des 3 AOP "ros?" sud-est, comment pourrait ?tre mise en place une offre coh?rente et homog?ne SANS mill?sime (qualit? standard > couleur, acidit?, sucres r?siduels, ... ?) en l'une ou l'autre de ces 3 AOP majeures (CDP, Ctx Aix, Ctx Varois en Pce) alors que le premier ?cueil pour l'op?rateur "aval" serait de trouver, voire de s'assurer l'appro des lots en "amont" pour tenter, ensuite, d'assembler diverses origines qualitatives de mani?re coh?rente. Et quid en terme marketing ? .. chaque op?rateur concevrait SON ?tiquette ? ... l'offre serait multiforme (flacon, ?tiquette, caract?ristiques du produit ) ? ... et qui coordonnerait cette r?flexion (le CIVP ?) pour aboutir ? un produit essentiellement manipul? par le n?goce (?a semble ?vident) ? ... Est-ce viable une telle id?e ? .. d'autant que le mill?sime reste un ?l?ment majeur de la carte d'identit? de ces 3 grands ros?s ...
Signaler ce contenu comme inapproprié
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé