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Alsace

Timide reprise des ventes en restauration

Lundi 22 juin 2020 par Christophe Reibel

En Alsace, le retour des clients dans les restaurants reste timide... les ventes de vin aussi.
En Alsace, le retour des clients dans les restaurants reste timide... les ventes de vin aussi. - crédit photo : CC0 Creative Commons
La grande majorité des restaurants alsaciens a rouvert. Mais les clients ne sont pas au rendez-vous. Les commandes de vins restent très en retrait de leur niveau d’avant la crise.

La réouverture des établissements a été progressive dans les deux départements alsaciens. Il a fallu quinze bons jours pour passer d’un quart à 80-90 % de restaurateurs et de propriétaires de bar à reprendre leur activité. « Mais c’est très calme. Les consommateurs ne sont pas retournés massivement au restaurant comme nous l’espérions. L’activité correspond à 20-25 % à la même période de 2019. Beaucoup d’enseignes ont réduit leurs horaires. Les problèmes de trésorerie incitent à vivre sur le stock » décrit Christophe Weber, président de l’UMIH, le groupement des hôteliers-restaurateurs du Bas-Rhin. « Nous attendons le beau temps, le retour de la clientèle frontalière pour retrouver des gens qui mangent. La fête de la musique sera peut-être un déclencheur ».

A Ribeauvillé, Nicole Bott, du domaine Bott Frères, se veut optimiste. « La première commande d’un de nos clients restaurateur historique est rentrée à 18 h le 1er juin. Elle concernait sept références avec des 24, 36, et 48 bouteilles. Comme avant. Aujourd’hui nous livrons des restaurants. L’utilitaire est plein quand il part. Certains restaurants sont complets. Mais c’est compliqué quand il manque des tables. Nous avons consenti un effort commercial. Nous les contactons avec des mails personnalisés. Nous devons nous soutenir mutuellement, viticulteurs, hôteliers restaurateurs, magasins, et nous projeter sur 2021 ». Au bout d’une quinzaine de jours, le courant d’affaires du domaine avec la restauration est revenu entre 40 et 50 % d’avant la crise.

Faire porter l’effort sur les grossistes

« Nous sommes tous d’accord pour relancer la filière vins » enchaîne Christophe Weber. Une première rencontre a réuni restaurateurs et représentants du Civa, l’interprofession alsacienne, pour faire le point « sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas ». Le Civa n’a pas encore communiqué sur les actions concrètes envisagées. « Tout ce que pouvons faire pour améliorer la situation, nous le ferons » déclare encore un président de l’UMIH très volontariste. Selon lui, l’effort est à porter en priorité auprès des grossistes dont l’offre en vins d’Alsace n’est pas assez fournie. « Comme les restaurateurs vont au plus simple quand ils se réapprovisionnent, les Alsace sont trop vite oubliés » estime-t-il. Pour Nicole Bott, la question comporte une autre facette. « La plupart des metteurs en marché alsaciens base son tarif sur la vente au caveau. Or il n’est pas assez élevé pour caler une marge supplémentaire pour le grossiste ». Pour sa part, le domaine Bott Frères travaille toute sa clientèle de restaurateurs en direct.

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