LE FIL

Crise du Covid-19

Les pistes du poids lourd de la pulvérisation pour sortir de la tempête

Mercredi 10 juin 2020 par Vincent Gobert

La pulvérisation compte pour 46 % du CA d’Exel Industries.
La pulvérisation compte pour 46 % du CA d’Exel Industries. - crédit photo : Tecnoma
Exel Industries mise sur sa réorganisation et sur le plan d’aide du gouvernement pour rebondir. Sur l’exercice 2018-2019, son chiffre d’affaires s’établit à 776,7M€ en décroissance de -7,4% par rapport à l’exercice précédent. Il s’est encore dégradé début 2020.

« La pression médiatique est forte, il suffit d’ouvrir Twitter, on lit des atrocités tous les jours ». Yves Belergaud, le nouveau directeur général d’Exel Industries, constate avec amertume le climat ambiant qui règne autour de la pulvérisation. Mais c’est surtout la crise liée au Covid-19 qui fait sentir ses effets.

Le constructeur allemand Lemken paye les frais des deux phénomènes et annonce ce début juin l’arrêt complet de sa production de pulvérisateurs. Mais ce mardi 9 juin en conférence de presse, Yves Berlergaud se montre déterminé et se veut combatif : « nourrir le monde est une nécessité. Si l’on veut alimenter la population, il faut avancer ». Il faut dire que contrairement à Lemken qui tire plus de profits de ses semoirs et de ses outils de travail du sol, la pulvérisation compte pour 46 % du CA d’Exel Industries. Une activité vitale.

Les résultats du groupe sont à l’image du contexte économique. Sur l’exercice 2018-2019, le chiffre d’affaires s’établit à 776,7M€ en décroissance de -7,4% par rapport à l’exercice précédent. A cause de la crise du sucre, l’activité arrachage de betteraves avait certes affecté les comptes. Mais la crise liée au Covid-19 les plombe encore plus. Le groupe a subi une perte de 36,4 millions d'euros au premier semestre, d'octobre 2019 à mars 2020, contre un bénéfice net de 1,2 million sur la même période, lors de l'exercice précédent. « La baisse du résultat opérationnel courant provient principalement de la baisse du chiffre d'affaires des activités de pulvérisation agricole et de pulvérisation industrielle dans le contexte de la crise sanitaire mondiale », avait indiqué le groupe dans un communiqué le 2 juin.

Fermeture de 3 sites de production et concentration de l'offre

La stratégie du groupe étant totalement remise en question, à l’été 2019, Exel Industries a entrepris un grand plan de réorganisation. « Il sera complètement amené à son terme en 2022, précise Yves Belergaud. Cet été 2020, une étape importante sera franchie avec la fin du transfert de l’usine d’Espagne Hardi vers Epernay et à du rapatriement de la production Nicolas également vers Epernay ». Au total, le plan aura conduit à la fermeture de 3 sites de production et à la concentration de l’offre sous 8 marques.

"Développer des solutions de robotique et des appareils adaptés au biocontrôle"

Si ces opérations peuvent être source d’économie et de mutualisation de moyens, selon Exel, ce n’est pas une fin en soi. Pour assurer l’avenir, l’entreprise investit. D’abord dans Exxact Robotics. Une filiale ayant deux missions : développer des solutions de robotique, notamment pour la viticulture, et assurer une coordination avec les personnes extérieures innovantes pour orienter la R&D de l’entreprise. Exel abonde pour cela à hauteur de 3 millions d’euros dans le fond d’investissement Agrinnovation, un fonds dédié « au financement des jeunes entreprises innovantes contribuant à la transition vers une agriculture et une alimentation plus durable ». Le développement d’appareils adaptés à l’utilisation des molécules de biocontrôle est notamment dans le viseur. En ce qui concerne les drones de pulvérisation, cela ne semble pas être un sujet. « On ne voit pas ces appareils comme des solutions de substitution aux pulvérisateurs » balaie d’un revers de main Yves Berlergaud. 

Enfin Exel compte sur le plan du gouvernement « la moyennes d’âge des appareils dans le parc français est de 10 ans. Dans une exploitation, c’est l’appareil qui tourne le plus après le tracteur. Il faudra que l’agriculteur se pose la question du renouvellement pour respecter les exigences Ecophyto II. Le plan de 30 millions d’euros d’aide à l’investissement va subventionner les équipements qui respectent mieux les ZNT ».

Nouveau pulvé Berthoud dévoilé au Vinitech

Pour présenter sa stratégie et ses produits, le groupe cherchera comme appui les réseaux de distribution en instaurant un nouveau relationnel et le peu de salons encore promis en 2020. Il annonce son maintien pour Innov-Agri avec « une nouvelle approche groupe » promet Yves Berlergaud, et en « assumant le côté groupe Exel ». Et son intention également de présenter des stands au Vinitech. L’occasion de lancer un nouveau pulvérisateur, promet Yves Belergaud. Il se murmure même que ce serait un appareil de pulvérisation confinée Berthoud. Pourvu que ces salons résistent.

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