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Champagne

La conjoncture économique profite à l'éclaircissage chimique

Vendredi 05 juin 2020 par Marion Bazireau

Le Sierra est utilisé après la nouaison à 2L/ha. Il élimine les grappes et les baies les plus jeunes.
Le Sierra est utilisé après la nouaison à 2L/ha. Il élimine les grappes et les baies les plus jeunes. - crédit photo : Wikipedia
Compte tenu de sa faible disponibilité sur le marché et de la technicité que demande l’utilisation de l’éthepon (Sierra), les viticulteurs ne pourront cependant pas éclaircir chimiquement toutes leurs parcelles.

Le 22 juillet, le bureau exécutif du Comité Champagne (CIVC) fixera le rendement commercialisable de la vendange 2020. Selon certains échos, il pourrait être inférieur à 8000 kg/ha. Pour rester en dessous, les viticulteurs, qui ont pour l'heure subi peu d’aléas climatiques et sanitaires, vont probablement devoir éclaircir.

Pour cela, beaucoup envisagent de changer leurs habitudes et de pratiquer l'éclaircissage chimique, plus économique. En effet, d’après les calculs de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV), l'utilisation de l'éthepon, commercialisé par Bayer sous la marque Sierra, revient au total à 181€/ha. C'est trois fois moins qu’un éclaircissage manuel, qui nécessite 40h/ha de travail.

Un produit de niche

Les viticulteurs ne pourront cependant pas éclaircir toutes leurs parcelles chimiquement. « D’abord, parce que l’éthepon est un produit de niche, et qu’il n’y en a pas assez pour couvrir 15 000 hectares » pose Sébastien Debuisson, chef du service vigne au CIVC. « Ensuite, parce que c’est un produit très technique, difficile à mettre en œuvre de manière très précise. »

Pour leur éviter toute déception, Sébastien Debuisson leur préconise de réserver l’éclaircissage chimique à trois types de parcelles. « Ils peuvent le faire sur les vignes qui manquent de vigueur, pour les soulager et les aider à repartir ; sur les jeunes plants, pour leur donner un coup de fouet ; ou à l’inverse sur les parcelles très productives. »

Une application technique

Utilisé après la nouaison à 2L/ha, le Sierra est le seul produit homologué pour l'éclaircissage chimique. Il supprime les grappes et les baies les plus jeunes, mais sa mise en œuvre est très technique, et « le résultat qu’obtient le viticulteur n’est pas toujours celui qu’il avait escompté » reconnaît Nicolas Hyzy, responsable technique vigne chez Bayer.

Pulvérisé sur les mauvais cépages ou lorsque la météo n’est pas optimale, il peut entraîner une perte de récolte trop importante. A l’inverse, le viticulteur peut obtenir un résultat en dessous de ses attentes s’il intervient trop tardivement ou s’il choisit le mauvais matériel. Le mieux est d’utiliser un pulvérisateur pneumatique apportant 100 l/ha de bouillie et traitant rang par rang chaque face.

En pratique, le viticulteur doit bien estimer son rendement, et déterminer précisément quel niveau d’éclaircissage il souhaite. Afin d’intervenir au bon moment, il doit ensuite se rendre plusieurs fois dans ses vignes pour suivre l’évolution des inflorescences. Chaque stade phénologique correspond en effet à un Taux d’Eclaircissage Probable, qui régresse de 100 à 0% entre le « début nouaison » et la « fermeture de la grappe ». Ces stades sont très bien détaillés sur la fiche pratique de l’IFV.

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