LE FIL

Vendanges 2020

Dans quelles conditions peut-on nettoyer sa machine à vendanger à la parcelle ?

Mardi 12 mai 2020 par Marion Bazireau

3 à 5m² d'eau sont nécessaires pour nettoyer une machine à vendanger
3 à 5m² d'eau sont nécessaires pour nettoyer une machine à vendanger - crédit photo : Véronique Pagnier
Aucune réglementation n’est dédiée au nettoyage de la machine à vendanger à la parcelle. Les viticulteurs doivent toutefois prendre certaines dispositions pour ne pas être mis à l’amende par la police de l’eau.

Faute d’aire de lavage adaptée, trop de viticulteurs procèdent encore au nettoyage de leur machine à vendanger sur leur exploitation. Mieux vaut qu'ils le fassent dans leurs parcelles, en y amenant un tracteur et une remorque, ou un fourgon chargé de cuves palettes remplies d'eau, une pompe, des tuyaux et une lance à gros débit. 

« Au moins cela ne pollue pas les fossés » tranche Maud-Isabeau Furet, conseillère environnement à la Chambre d’Agriculture de la Gironde.

La police de l'eau tolère le nettoyage à la parcelle. « Mais cette tolérance est plus ou moins grande selon les agents qui prennent part aux contrôles inter-services des rejets d’effluents, et tous les ans, des viticulteurs se font encore verbaliser pour pollution de l’environnement » témoigne la conseillère.

Un rejet sauvage d’effluents vinicoles dans le milieu naturel constitue une contravention de cinquième classe (amende de 1 500 euros au plus). La contravention se transforme en délit en cas d’impact avéré de la pollution (mortalité piscicole, impact sur la végétation…). « Cela peut alors aller jusqu’au Tribunal de Grande Instance », prévient Emmanuel Dansaut, Chef de la cellule qualité des eaux de la DDTM de la Gironde.

Du bon sens

En fait, les viticulteurs doivent respecter l’arrêté du 15 mars 1999 sur les épandages, et celui du 4 mai 2017 sur le lavage des pulvérisateurs, « se positionner loin des fossés (même secs), forages, ou cours d’eau, changer de parcelle à chaque fois pour ne pas créer de bourbier favorable au ruissellement, privilégier les sols enherbés, et retirer les matières solides du sol à la fin du nettoyage » détaille Maud-Isabeau Furet. 

"Pas de pollution visible du milieu"

« En résumé, ils doivent tout mettre en œuvre pour que le nettoyage à la parcelle n’engendre pas de pollution visible du milieu naturel », poursuit Emmanuel Dansaut, qui recommande aussi aux viticulteurs d’utiliser des adaptateurs de débit pour limiter la quantité d’eau utilisée, celle-ci variant de 3 à 5m².

De manière générale, pour préserver l’environnement et se conformer à la loi, les viticulteurs doivent recueillir leurs effluents vinicoles et veiller à leur bon traitement, que ce soit par une unité individuelle, par une station collective en CUMA, par un prestataire de service ou par un épandage sur leurs parcelles.



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