LE FIL

Saint-Émilion

Plus de dorure pour ce grand cru classé en quête de durabilité

Vendredi 08 mai 2020 par Alexandre Abellan

Avec l’ensemble de ses actions sur le packaging, la propriété compte économiser à terme de 8 tonnes de matières premières par an.
Avec l’ensemble de ses actions sur le packaging, la propriété compte économiser à terme de 8 tonnes de matières premières par an. - crédit photo : Château Fleur Cardinale
Souhaitant être le plus cohérent possible dans sa démarche de développement durable, le château Fleur Cardinale repense de fond en comble son packaging.

Dans l’univers des vins premiums, le packaging sert le positionnement marketing selon les codes du luxe. Mais si l’impact psychologique du poids de la bouteille et de la dorure de l’étiquette sont indéniables, cela représente un coût écologique qui n’est plus acceptable pour Caroline Decoster, la responsable marketing du château Fleur Cardinale (21,5 hectares de grand cru classé de Saint-Émilion). Prenant progressivement des engagements écoresponsables au vignoble*, la propriété souhaite en faire de même dans les étapes suivantes de conditionnement.

« C’est un travail de cohérence globale. A chaque étage du packaging on peut se poser la question de la durabilité » pointe Caroline Decoster. A l’occasion de la commercialisation de son millésime 2018, le château reprend l’ensemble de l’habillage de ses cuvées. « Pour le verre, nous allons l’alléger, mais la production de cette bouteille n’a pas été possible dans l’immédiat, avec la fermeture du four de production pendant le confinement » explique Caroline Decoster, qui s’est penchée sur l’enjeu des étiquettes avec un papier recyclé (95 % de résidus de canne à sucre, 5 % de chanvre et de lin), des encres incluant des encres incluant des vernis et diluants d'origine végétale (pas à 100 % afin de rester lisibles dans le temps) et un arrêt particulièrement symbolique : celui de la dorure à chaud.

"Est-ce essentiel ?"

« Notre verrier nous a expliqué que si les capsules sont  recyclées, les étiquettes sont brulées. Même si la quantité d’or est infime dans chaque dorure à chaud*, c’est un produit précieux qui vient de loin qui est gaspillé. A l’échelle de la production de vins dans le monde c’est une quantité qui devient importante ! Mais est-ce essentiel ? Je ne pense pas que le vin y gagne en valeur » détaille Caroline Decoster.

Conservant ses bouchons en liège (car issus de forêts gérées de manière durable), le château opte pour les caisses en bois plutôt que les cartons (demandant des traitements chimiques et plus d’eau pour être produits). Pour compléter la démarche et compenser son bilan carbone, le château Fleur Cardinale va planter un arbre pour toute caisse vendue. Soit 10 000 plantations par an en Tanzanie, par le biais de l’entreprise Reforest'Action. « L’idée n’est pas d’être parfait en tout, mais d’être le plus cohérent possible, il faut parfois faire des concessions » conclut Caroline Decoster.

 

* : La dorure à chaud marque l'étiquette en transférant l'or présent sur une feuille métallique.

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