LE FIL

Exode citadin

Vendredi 24 avril 2020 par Marion Sepeau Ivaldi

Alors que la planète va peu à peu se déconfiner, chacun cherche à anticiper ce que sera l’après Covid. Une idée clé émerge : celle de l’avènement du numérique dans nos vies, de manière encore plus prépondérante qu’avant la crise. Les habitudes d’achat, d’informations, d’échanges ne seront plus les mêmes, le numérique prenant encore plus de place dans nos modes de vie, nos façons de travailler (Vitisphere le vit pleinement en lançant, en partenariat avec Business France, une série de 12 webinaires dès la semaine prochaine). Ce qui pouvait faire peur avant ne se pose plus en ces termes, à tel point que le traçage des personnes est devenu acceptable pour une part de la population sans commune mesure avec ce qu’elle était avant. Le recours aux robots est vu comme une solution bienvenue pour protéger notre santé. Cet avènement du numérique aura aussi une conséquence nouvelle sur notre rapport au territoire. Auparavant, il y avait une impérieuse nécessité à ce que la majeure partie de la population vive de manière ramassée dans un nombre réduit de ville. Le numérique remet en question cela, ce qui s’est concrètement traduit pas un exode des villes vers les zones rurales durant le confinement. Un exode citadin qui l’eût cru ? L’expérience montre qu’une part non négligeable de l’activité de services peut être réalisée à la campagne, dans un cadre bien plus agréable que celui de la ville. La distanciation n’est pas seulement sanitaire, elle s’est révélée territoriale. Elle devrait se poursuivre dans l’après Covid. Et cela pose un certain nombre de défis pour la gestion de l’espace rural. Notamment, celle de la cohabitation entre l’activité agricole et l’activité de service. Déjà, le confinement montre combien la question des épandages en zone de voisinage continue d’être brûlante. Le sujet devrait ainsi s’exacerber, les attentes sur les modes culturaux devraient être encore plus prégnantes. Mais, des aspects plus positifs en découleront. La demande de vente directe devrait décupler, de même que celle en besoin de service tels que les écoles, la poste, l’administration, la présence de lieu de vie comme des cafés ou les commerces. Et bien sûr la qualité du réseau de transports et des télécommunications, notamment internet, devra suivre. De quoi donner un coup de frein à la désertification des zones rurales et toutes ses conséquences économiques et socilaes. Bien sûr, cette analyse vaut sur un temps long. Et avant sa concrétisation, le monde rural devra affronter un des plus graves chocs économiques de l’histoire. Mais cette perspective offre cependant un espoir pour le dynamisme du monde rural.

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VOS RÉACTIONS
Vigneron en colère Le 25 avril 2020 à 15:35:12
Bonjour, Cet édito traite d'une "idée qui émerge" : l'avènement du numérique !!! Je suis satisfait de ne pas être le seul à réagir, notamment au sujet du traçage. Celui ci n'est pas une nouveauté, il est déjà en place depuis longtemps. Mais l'éveil des consciences aura-t-il lieu, en refusant massivement de telles pratiques allant à l'encontre des droits de l'Homme, et asservissant l'Humain. "Des robots pour protéger notre santé" ??? Je ne suis pas certain qu'à ce jour des machines asservies protègent notre santé. La technique en général, doit en effet rester au service de l'Humain pour en améliorer le quotidien, et non le contraire, comme nous pouvons l'observer dans bien des cas. Regardez autour de vous cet amoncellent de technologie. Est ce que sincèrement, en prenant TOUS les paramètres en compte, notre vie à long terme est améliorée ? Je ne suis pas contre la technologie, au contraire, mais elle doit rester à sa place. Enfin cette crise sanitaire semble avoir provoqué une exode, essentiellement parisienne en l’occurrence. Il est triste que celle ci soulève à nouveau "la question des épandages en zone de voisinage". Une partie de la population confinée a beaucoup de temps à consacrer à la réflexion. Ce n'est pas le cas de tout le monde, et heureusement pour remplir les assiettes, malheureusement pour ceux qui tentent de faire leur boulot. En tout cas, même si en effet j'ai peu de temps pour moi en ce moment, j'essaye de rester lucide et éveillé, pour continuer à agir en conscience. J'espère que demain nous serons plus nombreux à agir de la sorte, pour enfin avancer vers des solutions durables d'un point de vue social et environnemental prioritairement. Nous aurons a priori assez vite la réponse à cet espérance. Bonne réflexion !
kro Le 24 avril 2020 à 16:10:43
Bonjour, Vous écrivez : " le traçage des personnes est devenu acceptable pour une part de la population". Je suis dans l'autre partie de la population que j'espère être la majorité, qui souhaite que nos libertés restent intactes. Serait-il besoin de rappeler la devise Française ? LIBERTE, égalité, fraternité. Heureusement, c'est ECRIT... Et nul ne doit ni ne peut revenir dessus, ni ce gouvernement, ni un autre. Salutations
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