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Patrimoine et diversité

Les marchés internationaux s’intéressent de plus en plus aux vins géorgiens

Vendredi 24 avril 2020 par Sharon Nagel

Les producteurs géorgiens ont bien compris comment capter l’attention des médias et des consommateurs internationaux avec leurs techniques ancestrales
Les producteurs géorgiens ont bien compris comment capter l’attention des médias et des consommateurs internationaux avec leurs techniques ancestrales - crédit photo : Wines of Georgia
Génératrices de devises et d’emplois, les exportations de vins géorgiens ont bénéficié d’un soutien important de l’Etat ces dernières années. Et les quelque 350 exportateurs sont en train d’en récolter les fruits.

Les autorités géorgiennes se sont données comme mission de se défaire de la mainmise russe sur leurs vins et ont consacré beaucoup d’efforts à la diversification des marchés. Leurs efforts commencent indéniablement à porter leurs fruits. En 2019, la Géorgie a exporté 94 millions de bouteilles (+9%) vers 53 pays. Un record absolu. Le choix délibéré de cibler des marchés à forte valeur ajoutée comme les pays anglo-saxons s’est également avéré payant car les valeurs ont progressé de 17% pour atteindre 240 millions de dollars (221,5 M€). Aux Etats-Unis, où différents événements sont organisés par le service diplomatique géorgien et les opérateurs eux-mêmes, les exportations ont fait un bond de 50% en 2019 (700 000 bouteilles) pour un prix moyen à la bouteille de 5,1 $ (4,71 €). Et au Royaume-Uni, la progression des volumes a atteint 60% en 2019 pour 168 307 bouteilles commercialisées. Depuis trois ans, l’agence nationale du vin géorgien y a confié sa communication à l’agence Swirl Wine Group gérée par la Master of Wine Sarah Abbott. Et là aussi, les résultats sont au rendez-vous : sur les trois premiers mois de 2020, les exportations vers le marché britanniques ont fait un bond de 317% en volume. Quatre entreprises et non des moindres (Berkmann, Boutinot, Hallgarten…) sont venues grossir les rangs des importateurs, ce qui laisse augurer la poursuite de cette tendance. D’autant plus que la Géorgie entend promouvoir de plus en plus son offre touristique.

 

Réorienter les efforts de communication

Reste à savoir comment le Covid-19 impactera cette trajectoire. La Chine, destination prisée par les exportateurs et l’Etat géorgiens, a déjà accusé une baisse de 6% de ses importations en janvier et février 2020. Pour les autres marchés, il est trop tôt pour tirer des conclusions. Néanmoins, au Royaume-Uni, l’agence Swirl entend rapidement réorienter ses actions vers des événements en ligne, notamment des dégustations et des séminaires. L’enjeu est de taille car, même si la Russie absorbe encore quelque 60% des exportations géorgiennes, les nouvelles destinations permettent de renforcer la présence des vins artisanaux à forte valeur ajoutée à travers le monde.

 

Un patrimoine particulièrement bien mis en valeur

Avec 8 000 millésimes à son actif, la Géorgie a su préserver une collection inouïe de cépages autochtones, répartis sur ses dix régions viticoles. Le pays compte plus de 500 variétés endémiques, chacune trouvant terroir à son pied dans d’innombrables micro-zones sur quelque 50 000 hectares. Grâce à cette diversité topographique et géographique, le secteur vitivinicole s’est singularisé par une gamme de vins particulièrement étoffée, dont l’emblématique saperavi. Il s’est également démarqué par la mise en avant de techniques de vinification ancestrales telles que l’utilisation des fameux ‘qvevri’. Cette multiplicité de styles, conjuguée aux efforts importants consentis par les opérateurs et l’Etat pour favoriser le rayonnement du secteur à l’export, a permis aux quelque 350 exportateurs géorgiens de commencer à couper le cordon ombilical russe et de développer fortement les expéditions internationales vers des marchés aussi improbables que la Chine (7,1 M cols en 2019).

 

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