LE FIL

Vins en vrac

Appel interprofessionnel au respect des achats et des cours en Côtes du Rhône

Vendredi 10 avril 2020 par Alexandre Abellan

« Ces pratiques ruinent les relations de confiances engagées entre l’amont et l’aval de notre filière parfois depuis de nombreuses années. Et elles menacent l’avenir de notre filière régionale quand il s’agira de reconstruire tous ensemble » dénonce la lettre de Philippe Pellaton, Michel Chapoutier et Etienne Maffre.
« Ces pratiques ruinent les relations de confiances engagées entre l’amont et l’aval de notre filière parfois depuis de nombreuses années. Et elles menacent l’avenir de notre filière régionale quand il s’agira de reconstruire tous ensemble » dénonce la lettre de Philippe Pellaton, Michel Chapoutier et Etienne Maffre. - crédit photo : Inter Rhône
Voyant ses cours hebdomadaires dévisser depuis le début de la crise sanitaire et les ruptures contractuelles se banaliser, Inter Rhône prône le dialogue entre les opérateurs pour ne pas amplifier la crise économique née de l’épidémie de Covid-19.

« Aujourd’hui, nous en appelons solennellement à la responsabilité collective. Les annulations unilatérales de contrat de vente pour force majeure, l'imposition sans discussion de reports de paiements voire la rétention de paiements sont inacceptables », tout comme « l’émergence de quelques contrats de vente de vins en vrac accompagnés de propositions de prix "indécents", totalement déconnectées du marché et des mercuriales, alors même que la situation macroéconomique de nos appellations rhodaniennes est à l’équilibre » posent, dans une lettre ouverte, le négociant Michel Chapoutier, président de l’interprofession des vins du Rhône (Inter Rhône) et ses deux vice-présidents, le négociant Etienne Maffre et le viticulteur Philippe Pellaton.

Alors que les annulations de paiements et de contrats se généralisent dans le vignoble, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase reste la chute du cours moyen des vins en vrac. Selon la dernière mercuriale d’Inter Rhône, les contrats en AOC régionale Côtes du Rhône rouge sont tombées à 132 €/hl sur la semaine du 27 mars au 2 avril derniers. Alors que depuis le début de la campagne 2019-2020 le prix moyen s’élève à 154 €/hl, cette chute de 14 % est un signal suffisamment fort pour inquiéter les instances.

"Ces cours ne se justifient pas"

« Nous suivons depuis trois semaines ces transactions à bas prix, autour de 120 €/hl, prendre de l’importance. Ces cours ne se justifient pas, la Vallée du Rhône n’est pas en crise, il n’y a pas de surstock » explique Eric Rosaz, le délégué général d’Inter Rhône, qui précise que ces contrats incriminés ne sont pas exclusivement le fait d’opérateurs rhodaniens. « Ce n’est un pas un rappel à l’ordre, mais un appel aux responsabilités de chacun. On voit des comportements individualistes et court-termistes dans la situation où l’on aurait le plus besoin de solidarité » souligne Eric Rosaz.

Appel au dialogue

« Clients, fournisseurs, partenaires ; nous traversons tous la même tempête et demain notre viticulture aura besoin de tout le monde. Nous vous encourageons à partager clairement entre partenaires commerciaux de l’amont et de l’aval les difficultés que vous traversez afin d’envisager toutes les solutions possibles » préconise la lettre d’Inter Rhône, qui estime que « le risque majeur d’anéantir tous les efforts de valorisation de nos appellations, entrepris collectivement, depuis tant d’année, est à nos portes ».

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