LE FIL

Commerce confiné

Il livre gratuitement ses vins pour animer ses ventes

Vendredi 17 avril 2020 par Patrick Touchais

Il livre gratuitement ses vins pour animer ses ventes
Vigneron à Saumur, Alban Foucher essaie de limiter la casse commerciale en misant sur les livraisons à domicile. Ça ne suffira pas pour passer la crise. Il aura besoin d’un coup de pouce de l’Etat.

Début mars, quand son négociant a décidé de repousser les mises-propriétés habituelles, Alban Foucher n’en revenait pas. Comme beaucoup, il voyait alors dans la crise du coronavirus, “un phénomène médiatico-sanitaire” qui n’allait pas durer. Mais lorsque le 17 mars, le confinement général a été décrété, le gérant du Domaine de la Seigneurie à Saumur a dû réagir vite. “J’ai immédiatement pensé à ma trésorerie”, confie le vigneron, installé sur 20 hectares, l’essentiel en appellation Saumur Champigny.

Dans la foulée, il publie un post sur Facebook pour proposer un système de drive à ses clients locaux avec une offre promotionnelle : une bouteille gratuite pour chaque carton de six retiré au domaine. Il offre aussi la livraison gratuite pour 12 ou 24 bouteilles, selon la distance. “C’était un message commercial, pas du tout alarmiste. Je n’appellais pas à l’aide”, même s’il avoue que sa trésorerie est fragile, pénalisée par le report de sa vente au négoce.

"Une seule personne au caveau"

“En fait, au caveau, j’ai vu une seule personne”, confie Alban, pour qui le détail auprès des particuliers pèse pour 30 % des ventes sur quelque 80 000 bouteilles commercialisées par ses soins. Le négoce représente 40 à 50 000 cols. “J’ai eu quelques commandes de petits magasins à Saumur, type Carrefour city, par 10 ou 20 cartons. Pour le reste, je travaille avec la plateforme Plugwine. J’envoie des palettes et ils distribuent ensuite à mes clients. Pas plus de 24 bouteilles par commande”, détaille le vigneron. Bilan des opérations : “En mars, on a enregistré 20 % de notre chiffre d’affaires habituel”.

Tout début avril, il a entreprise de relancer ses clients par mail et par courrier, avec le stock disponible d’enveloppes et de tarifs. “Je m’adresse à tous ceux que je vois d’habitude dans les salons qui ont été annulés. Je sais que certains ne me commanderont rien parce qu’ils sont réticents à cette vente à distance. Ils aiment échanger, déguster… mais on va essayer de limiter la casse”, souligne Alban, qui espère ne pas descendre en dessous de 20 % de son volume d’affaires habituel en avril. “Au final, ça restera compliqué. J’ai déjà calé un rendez-vous avec mon comptable et mon banquier pour bénéficier des aides promises par l’Etat, en particulier les garanties de BPI sur les prêts”.

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