LE FIL

Montlouis

Sur le qui-vive face au gel

Mercredi 25 mars 2020 par Ingrid Proust

Plusieurs éoliennes fixes ou mobiles ont été installées en Cuma dans le vignoble de Montlouis depuis 2019.
Plusieurs éoliennes fixes ou mobiles ont été installées en Cuma dans le vignoble de Montlouis depuis 2019.
Les premiers bourgeons se sont déjà ouverts dans les vignes alors que les températures nocturnes baissent dangereusement. Les vignerons ont renoué avec les nuits d’inquiétude. Exemple à Montlouis.

« Les semaines à venir vont être longues, mais il faut rester optimistes ». Avec ses collègues vignerons de Montlouis, François Chidaine s’est mis en ordre de bataille face au risque de gel. Avec près de deux semaines d’avance par rapport à l’an dernier. « Des bourgeons sont déjà bien ouverts, dans des secteurs plus précoces que d’autres ou dans des parcelles de vignes qui ont été taillées plus tôt », constate le vice-président de l’ODG de Montlouis. Les éoliennes ont repris du service. 26 ont été installées en Cuma dans le vignoble depuis 2019. « Certaines ont tourné dès la nuit de dimanche 22 mars à lundi 23 mars, où il a fait 0°C. Elles se déclenchent à +2°C. Cette nuit (NDLR : nuit du 23 au 24 mars), nous avons relevé entre -1°C et + 1°C et il n’y avait pas d’humidité. Mais les nuits prochaines vont être délicates », confiait François Chidaine ce 24 mars.

Des munitions de paille et de foin

« Nous sommes tous sur le qui-vive, déclare Laura David, vigneronne à Lussault, dans l’AOC Montlouis. Des thermomètres ont été installés aux quatre coins du vignoble. » Outre les éoliennes, les vignerons ont préparé des munitions de paille et de foin pour faire des feux et générer des écrans de fumée si besoin. « Depuis plusieurs mois nous avons mutualisé nos achats. Nous nous sommes fournis auprès d’agriculteurs du coin et nous avons acheté de la paille de catégorie inférieure à un négociant en céréales pour diminuer les coûts. Nous avons aussi pris nos dispositions au sein de l’ODG pour pouvoir mobiliser des hélicoptères comme les autres années », explique François Chidaine. « A Montlouis, la lutte contre le gel se fait en commun et ça marche », sourit Laura David.

Certains vignerons sont également équipés de frost-guards. « J’en possède cinq que j’installe sur quatre hectares en synergie, avec de bons résultats », indique François Chidaine. Le vigneron sait combien il est essentiel d’associer les moyens de lutte, et de les mobiliser à bon escient : « Nous utiliserons s’il le faut nos bottes de paille et les hélicos en avril, où beaucoup plus de bourgeons auront débourré. Il faut garder des cartouches sur la durée ».

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé