LE FIL

Viticulteur et candidat (1/5)

En Gironde, il se présente pour s'opposer à l'extension d'une école

Lundi 09 mars 2020 par Colette Goinere
Article mis à jour le 12/03/2020 10:09:45

Stéphane Etourneaud se porte candidat dans la liste d'opposition au maire actuel de la commune de Lalande de Fronsac.
Stéphane Etourneaud se porte candidat dans la liste d'opposition au maire actuel de la commune de Lalande de Fronsac. - crédit photo : DR
Un viticulteur de Lalande de Fronsac, rejoint la liste d’opposition au maire sortant, aux élections municipales. En arrière-plan : les pesticides. Premier portrait de notre série sur des viticulteurs candidats aux élections municipales.

La situation est inédite : ce ne sont pas les riverains, mais un viticulteur qui s’inquiète de l’extension de l’école maternelle qu’il juge trop proche de sa propriété, Domaine du Rouyet, au cœur du village de 2500 habitants de Lalande de Fronsac. Avec l’extension (démarrage des travaux prévus septembre prochain), l’école se situera à dix mètres à peine de ses vignes.  « Je crains à terme, des plaintes de parents d’élèves. Je crains aussi que la distance de 10 mètres soit allongée dans les prochaines années » explique-t-il. Stéphane Etourneaud qui a repris en 1991 la propriété familiale de 20 ha, est cerné par les habitations. Sans l’ombre d’un conflit avec les riverains.

Pas de réponses des autorités

Face à un projet qu’il juge « déraisonnable », « inadapté », il a alerté par courrier, la chambre d’agriculture, la préfecture de la Gironde, le président de la république. En septembre 2019, il écrit à la ministre de la transition écologique, rappelle les mesures de protection qu’il a prises envers les citoyens de sa commune (traitements tôt le matin, acquisition d’un pulvé). Son constat est amer : « Je ne peux plus faire grand-chose si l’école se rapproche encore plus près de mon vignoble ». Le ministère le renvoie vers la préfecture. Silence radio, selon le viticulteur.

Les élections pour "peser"

Du coup, il décide de rejoindre la seule liste d’opposition au maire actuel, dans le cadre des municipales : « Nous devons "peser" dans la régulation des constructions à venir pour qu’elles ne soient pas implantées au plus près de nos vignes « lâche-t-il. Il est en bonne place, deuxième adjoint, sur la liste sans étiquette conduite par un parent d’élève. Le fils du viticulteur a posté une vidéo sur Facebook montrant la proximité de la future école et des vignes. Elle a déjà recueilli 60 000 vues. 

Série Municipales de Vitisphere

En cette semaine pré-électorale, Vitisphere choisit de publier chaque jour le portrait d'un vigneron qui décide de s'engager dans la gestion de sa municipalité. Il s'agit de questionner les raisons de son engagement et notamment voir comment la question ZNT motive certains. Le choix des portraits est guidé par cet angle, il ne s'agit en aucune façon d'un positionnement politique du site.

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VOS RÉACTIONS
MG Le 16 mars 2020 à 08:06:16
Vous avez raison Mathieu mais la question est qui paye la haie ? Quand à Instit, sa réflexion est idiote. C'est le même problème que le long du périphérique parisien. Les plans prévoyaient une ceinture verte tout autour mais on y a mis des crèches et des écoles. 30 ans après, les gosses toussent et il faut fermer le périphérique et ne plus utiliser les véhicules au gazole.
Pagel Le 15 mars 2020 à 15:11:13
Moi aussi je crois rêver. On ferme les écoles historiques traditionnelles en zone rurales pour implanter des super structures scolaires centralisées, bétonnées et goudronnées sur des terres agricoles. J'espère que vous vivrez assez vieux pour que vos enfants vous reprochent ce gaspillage éhonté de ressources alimentaires. L'éducation doit passer par l'enseignement du respect de la nourriture et du lien avec son environnement proche. Le ré-asservissement des paysans ne doit pas devenir la nouvelle lubie des autoproclamées élites bien pensantes déconnectées de la réalité.
Mathieu Le 14 mars 2020 à 20:30:03
La cohabitation est possible Il suffit de raisonner les traitements Respecter le fait de ne pas traiter quand il y a du vent et planter une haie entre la parcelle et l’école Traiter tôt le matin.
Instit Le 14 mars 2020 à 10:10:12
On croit rêver. Et si on supprimait les écoles en zones viticoles, au nom de la liberté des pesticides ? Non seulement personne ne lève le petit doigt pour protéger les écoles (rien que les écoles même), pour réfléchir à un autre mode de culture, pour améliorer les conditions d'épandage, mais là on en vient même à rejeter un projet d'agrandissement d'école! Mais au nom de quoi ? Du confort de travail d'un viticulteur. Qui se préoccupe de celui des enfants de l'école ? A Lalande de Fronsac, l'hecto vaut sans doute plus cher que l'apprentissage d'un gosse. La franchement, on touche le fond.
bourvil Le 09 mars 2020 à 15:11:24
Je soutient pleinement ce vigneron, il faut mettre fin à ces incohérences criardes ,il n'y a plus de ligne directrice dans nôtre administration, mais je ne crois pas qu'un mandat municipal puisse suffire pour inverser cette tendance malencontreuse,mais le courage meurt en dernier, et je croise les doigts tout naturellement pour vôtre réussite.
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