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Journée Internationale pour les Droits des Femmes

Les vigneronnes bordelaises réussissent à mettre New-York en double-magnum

Dimanche 08 mars 2020 par Alexandre Abellan

« L’objectif de cet évènement est de servir des vins de Bordeaux produits par des femmes » résume Cécile Ha, qui souligne la volonté du CIVB d’être actif sur les marchés malgré la morosité ambiante.
« L’objectif de cet évènement est de servir des vins de Bordeaux produits par des femmes » résume Cécile Ha, qui souligne la volonté du CIVB d’être actif sur les marchés malgré la morosité ambiante. - crédit photo : CIVB
La première opération new-yorkaise 100 % féminine de l’interprofession des vins de Bordeaux est un succès pour ses participantes, qui témoignent de l’attrait des marchés pour une présence renforcée et décalée.

« Strong Women Make Big Bordeaux Bottle » : « des femmes fortes produisent de grosses bouteilles de Bordeaux » clame l’opération inédite du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB). Sur la semaine précédant la journée internationale pour les droits des femmes, ce dimanche 8 mars, quinze vigneronnes bordelaises ont fourni des jéroboams pour une opération de vin au verre dans 66 restaurants new-yorkais. « La grande diversité des restaurants de New York est bien représentée : bar à vin de quartier ou très branché, petit restaurant cosy, étoilé Michelin, restaurant spécialisé en gastronomie française ou japonaise » liste Cécile Ha, le responsable de la presse internationale du CIVB.

Pour promouvoir cette première opération auprès des médias américains, quatre vigneronnes font le déplacement à New York. Entre un tour des restaurants participants avec des journalistes et des rendez-vous avec des sommeliers et restaurateurs, Sophie Thierry, la directrice commerciale du château Fourcas Hosten (appellation Listrac-Médoc), souligne que « le mécanisme est simple : que le plus grand nombre découvre ou redécouvre Bordeaux en se laissant séduire par une offre au verre attractive grâce au format rare et festif du double-magnum et une palette de prix abordable. Rien de tel que la présentation d’un grand flacon et son service au verre à une première table. Cela déclenche instantanément l’envie des voisins de table ! »

"Focus sur les femmes"

« Les consommateurs sont ravis et très ouverts à la découverte. Les professionnels sont hyper satisfaits d'avoir ces belles bouteilles de 3 litres sur leur bar ! Ça redonne du peps à l'image de Bordeaux » confirme Sylvie Courselle, propriétaire avec sa sœur Marie Courselle du château Thieuley (en AOC Bordeaux). Participant à « une opération coup de poing avec un focus sur les femmes », la vigneronne bordelaise prédit que « le fait d'être une femme dans le vin ne sera plus un sujet dans quelques années ». Si Sylvie Courselle souligne qu’en 30 ans les étudiantes sont devenues majoritaires dans les études d’œnologie, elle ne peut que regretter qu’« en production ou dans les" gros" postes, [les femmes] restent encore minoritaires ».

Sylvie Courselle, propriétaire avec sa sœur Marie Courselle du château Thieuley (en AOC Bordeaux) souligne que « les consommateurs sont ravis et très ouverts à la découverte. Les professionnels sont hyper satisfaits d'avoir ces belles bouteilles de 3 litres sur leur bar ! Ça redonne du peps à l'image de Bordeaux ». Participant à « une opération coup de poing avec un focus sur les femmes », la vigneronne bordelaise prédit que « le fait d'être une femme dans le vin ne sera plus un sujet dans quelques années ». Si elle souligne qu’en 30 ans les étudiantes sont devenues majoritaires dans les études d’œnologie, elle ne peut que regretter qu’« en production ou dans les" gros" postes, [les femmes] restent encore minoritaires ».

Bordeaux se montre

Jouant sur le décalage entre douceur féminine et bouteilles démesurées, cet évènement répond plus largement à une demande des marchés de soutenir les forces de vente avec une présence renforcée des opérateurs de la production. Cet évènement se place ainsi dans une stratégie plus globale de recalibrage de l’image des vins de Bordeaux par l’humanisation de ceux qui les produisent. Une stratégie visible avec une exposition en 2018 et un livre en 2019 sur les Gueules de Bordeaux, ainsi qu’une première Saint-Vincent en 2020 et désormais « Strong Women Make Big Bordeaux Bottle ».

« Cette action est une fenêtre d’entrée originale pour amener les vins de Bordeaux jusqu’au consommateur en leur racontant nos histoires, nos métiers, en partageant avec eux notre passion » renchérit Sophie Thierry. « C'est nouveau, ça plaît » souligne Sylvie Courselle, qui n’a que peu été interrogée sur les surtaxes américaines de 25 % : « les professionnels nous posent beaucoup plus de questions sur Bordeaux, être une femme et bien sûr sur notre engagement sur l'environnement. Ce sont les vrais sujets de cette opération. »

"Seconde édition"

Ces premiers retours positifs laissent non seulement ouverte la possibilité de reconduire cette opération, mais également de l’étendre à d’autres marchés, y compris celui français. « L’accueil enthousiaste et les échos positifs que nous constatons à la dégustation de nos vins par les clients des restaurants ne peuvent que nous encourager à souhaiter que soit d’ores et déjà programmée une seconde édition à New York l’année prochaine. En la dupliquant sur une autre ville des Etats Unis, et aussi dans d’autres pays où Bordeaux doit reconquérir les cartes des restaurants et le cœur des consommateurs : Paris en tête ! » conclue Sophie Thierry.

 

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