LE FIL

Médoc

Pour ne pas brader ses vins, ce château lance une cuvée végan

Vendredi 21 février 2020 par Colette Goinere

Lucile Dijkstra, directrice du château Brillette, 45 ha à Moulis en Médoc change de stratégie pour diminuer sa dépendance au négoce.
Lucile Dijkstra, directrice du château Brillette, 45 ha à Moulis en Médoc change de stratégie pour diminuer sa dépendance au négoce. - crédit photo : Brillette
Afin d'être moins dépendant du négoce, château Brillette, AOC Moulis, se nourrit de projets, avec notamment le lancement d’une cuvée Végan distribuée chez les cavistes.

« Il ne faut pas mettre tous nos œufs dans le même panier. Nos vins doivent être valorisés à leur juste valeur. Je n’ai pas envie qu’ils soient vendus en dessous de nos coûts de revient, soit 7 € la bouteille. Le négoce a du mal à vendre, à stocker les vins de notre catégorie » pose Lucile Dijkstra, directrice du château Brillette (45 hectares à Moulis en Médoc, en Gironde), qui écoule 10 % de sa production aux particuliers, 15 % en Café Hôtel Restaurant (CHR) et 75 % par le négoce, lequel revend aux grandes surfaces. Récemment, pour se défaire de 90 000 cols du millésime 2018, château Brillette a dû accepter 1 € de moins par bouteille.

A LIRE AUSSI

Développement durable élargi
Les vins de Bordeaux s’engagent dans la voie de la RSE
Moment de consommation
Un vin de Bordeaux taillé pour l'apéro

Pour tenter de se détacher du négoce, elle vise les cavistes en jouant la carte de l’environnement et du vin végan. D’ici la fin février la cuvée aura obtenu le label Végan. Début juin, 12 000 bouteilles Végan (90 hl issues de 3 ha de vignes) de château Brillette, vont être proposées aux cavistes et aux particuliers. Une bouteille format bordelaise a été privilégiée : « Elle sera 100 % éco conçue, avec un verre allégé, une étiquette au grammage de moins de 90 grammes, encre à l’eau, taille du bouchon réduite et traitée à l’alcool et non au peroxyde » indique-t-elle. Reste le nom de la cuvée. Deux écoles s’affrontent : Lucile Dijkstra a un faible pour « Un brin de Brillette ». La famille Flageul, propriétaire du château depuis 1975 a un net penchant pour « V by Brillette ».

La carte de l'environnement

La directrice de la propriété va faire un tour des cavistes pour présenter la cuvée et rappeler les efforts faits en termes d’environnement : appartenance au SME (système de management environnemental crée par le CIVB) depuis 2015, certification Haute Valeur Environnementale (HVE) depuis 2017, sans oublier le label Bee Friendly accordé d’ici quelques semaines. Les trois ruches installées depuis 2018 donnent un miel qui est régulièrement offert aux particuliers de passage à la propriété et aux 11 salariés en CDI.  Le château n’est pas certifié bio, même si les pratiques le sont : "je ne souhaite pas utiliser seulement du souffre et du cuivre qui polluent les sols" lâche-t-elle.

Autre projet  : booster la vente en ligne. La refonte du site internet est en cours. Un investissement de 15 000 euros qui va permettre de se doter d’un site plus ergonomique.  Actuellement 5% des ventes aux particuliers se fait sur le site. Le chiffre de 15 % est visé d’ici deux ans. Enfin le château mise sur l’œnotourisme. Depuis deux ans, des portes ouvertes sont organisées début avril. Dégustation des primeurs à la barrique, de millésimes différents, visites guidées du chai et des vignes. L’an dernier 1 500 bouteilles ont été vendues en deux jours. Cette année l’offre va s’étoffer avec notamment la mise en place d’ateliers de cabanes à chauve-souris. Il s’agira d’apprendre le montage des cabanes. Une façon de rappeler que les chauves-souris, constituent un bon moyen écologique pour lutter contre les maladies de la vigne.

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé