LE FIL

Printemps-été 2020

Carnet de tendances pour les vins rosés

Mercredi 12 février 2020 par Alexandre Abellan

Dynamique commercialement, le segment des rosés ne manque pas de diversité visuelle et d’originalité conceptuelle.
Dynamique commercialement, le segment des rosés ne manque pas de diversité visuelle et d’originalité conceptuelle. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Des innovations de packaging à la revendication de terroirs, en passant par les évolutions de vinification et de marketing, la catégorie des rosés confirme son dynamisme commercial autant que sa capacité à se réinventer. Tour d’horizons du laboratoire d’invention qu’est le rosé sur les salons Vinexpo/Wine Paris.

Le rosé en réalité augmentée : l’application informant les consommateurs

A l’occasion de la refonte de sa gamme de rosés Manon, le négoce Ravoire a totalement revu sa copie : nouvelle bouteille*, nouvelle étiquette et nouvelle dimension avec l’utilisation de réalité augmentée. En ayant installé l’application gratuite SnapPresse sur son smartphone, le consommateur peut scanner l’étiquette et être redirigé sur une vidéo de présentation de la cuvée, sur sa fiche technique et sur le compte Instagram de la marque.

Déclinée en français et anglais, cette étiquette augmentée constitue une introduction à la marque et au produit explique Alexandra Parfus, la responsable marketing du négoce. En cours d’embouteillage, cette cuvée sera disponible au printemps dans les réseaux de vente (500 000 cols de 75 cl, 50 000 magnums et 35 000 bouteilles de 37,5 cl). « Peut-être que nous déclinerons la technologie sur d’autres gammes Le rosé offre une consommation décomplexée qui se prête aux essais » souligne Alexandra Parfus.

 

* : La bouteille remaniée conserve son cintrage au niveau de la bague, mais avec des lignes droites et plus incurvées. L’étiquette passe du rose au blanc, avec une texture rappelant le feuillage d’oliviers.

 

 

Le rosé co-brandé : l’appui sur une marque de mode

« Bien connu en dehors du monde du vin, le concept de co-branding permet des collaborations bénéfiques à l’image de deux marques » explique Jordi Salvagnac, le directeur général opérationnel des domaines Auriol. Appliquant ce principe marketing à la cuvée rosée Belles du Sud (vin de France), le négociant collabore avec les créatrices des bijoux Nach (fondée par Nadia et Nancy Koch).

« Le rosé amène une dynamique de marque qui se prête à l’édition limitée pour des produits de saison » souligne Jordi Salvagnac, qui précise que cette association affichée sur l’étiquette (ambiance jungle, comme la marque Nach) propose des jeux concours (avec comme lots des séjours dans le vignoble, ainsi que des bijoux et vêtements Nach).

Les 40 000 cols de la gamme Belles du Sud by Nach sont destinées aux réseaux traditionnels français et export (pour un prix de vente consommateur inférieur à 10 euros).

 

 

Le rosé saisonnier : un nouveau concept tous les trimestres

Officiellement lancée sur Wine Paris, la marque French Beaches n’a pas peur des concepts marketées. « L’approche commerciale est assumée, c’est elle qui permet au vigneron de vivre au final » affirme Christophe Kaczmarek, le fondateur de la marque. Parmi ses innovations se trouve une gamme enrichie à chaque équinoxe et solstice. Le 21 décembre dernier a été lancée la cuvée X, soit 3 000 cols d’un gamay rosé en méthode ancestrale et en biodynamie. « Ce sont des bulles de fêtes qui s’inscrivent dans plusieurs modes : le rosé, le faible alcool (8,5°), les bulles, la biodynamie… » liste Christophe Kaczmarek. Déployant une imagination débridée (packaging artistique, poèmes en contre-étiquette…), la marque French Beaches se veut évolutive, avec un rouge fruité pour le printemps, une bière pour l’été… Et la possibilité de refaire une cuvée selon son succès.

 

Le rosé en canette : la consommation nomade

Décomplexée, la consommation de rosés permet tous les formats : des très grands formats pour une clientèle de beach club aux canettes. En témoigne le domaine Mirabeau, qui propose aussi bien d’imposantes bouteilles que de petites canettes. « Les rosés sont festifs et peuvent répondre à une consommation nomade » explique Mathieu Vanhalst, le responsable commercial de l’entreprise provençale. Lancée en IGP Méditerranée, la canette « Atelier Mirabeau, un rosé à balader » va être commercialisé 4,4 euros.

« Le rosé permet de proposer des produits neufs, comme dans les spiritueux » note Mathieu Vanhalst, qui propose également un gin rosé sec, produit à partir de l’alcool extrait d’une cuvée de rosé désalcoolisé (Forever Summer, affichant 11 degrés alcool) et d’herbes de la garrigue (jasmin, lavande, thym…).

 

Le rosé en 3D : la mise en relief dans le linéaire

Pour attirer l’œil, la cuvée Ma Belle Pomelle de l’union coopérative Rhonéa passe à la capsule à vis et à l’impression en relief. Calibrée pour sortir du lot dans les rayons, cette bouteille d’AOC Ventoux affiche une sérigraphie blanche tranchant sur son rosé pâle, tout en créant son effet une fois en main. Conçu avec le verrier OI, ce packaging novateur « permet de s’extraire du linéaire en termes de visibilité et de ne pas en rester aux anciens codes » explique Alexandre Balland, le directeur marketing de Rhonéa. Persuadé que l’impression 3D sur bouteille va se démocratiser, il reconnaît qu’actuellement cette technologie reste en développement, entraînant une augmentation de 30 % du coût d’emballage.

Anciennement connue sous le nom de cuvée Pomelo (de la cave des Beaumes de Venise), la gamme Ma Belle Pomelle continue sa mue. Ses 120 000 cols passent cette année à la capsule à vis pour suivre les consommations apéritives sans la contrainte du bouchon. « Le rosé a le gros avantage d’être moins codifié que le reste du monde du vin. On y accepte plus l’innovation. Toute la problématique du rosé est d’être considéré comme un produit à part entière par les consommateurs. Et pas comme un sous-produit du vin rouge » souligne Alexandre Balland.

Commercialisée en grande distribution, la cuvée affiche un prix de vente consommateur de 6 à 7 euros.

 

 

Le rosé de terroir : la construction d’une philosophie collective

Portée par l’Organisme de Défense et de Gestion de l’appellation Tavel (et soutenue par Terroir Managers), l’idée de rosés ancrés dans des terroirs pour une consommation gastronomique est lancée sur le salon Wine Paris. « On est partis du constat que l’AOC Tavel a une identité forte autour du rosé de gastronomie, à l’opposé des vins rosés tendances d’aujourd’hui. Notre philosophie des rosés authentiques est à l’antithèse des rosés technologiques. Pour défendre cette philosophie, on se regroupe pour être plus fort » explique Sandra Gay Moulines, la directrice du syndicat viticole de Tavel.

Lancée sous la forme d’un mouvement, cette idée compte devenir une association, proposant une charte et un calendrier d’évènements. Actuellement, le mouvement réunit quatorze propriétés hors Tavel (y compris d’Italie et d’Espagne).

 

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé