LE FIL

Changement climatique

Le Portugal anticipe l’internationalisation de ses cépages

Mercredi 12 février 2020 par Alexandre Abellan

32 cépages représentent 75 % du vignoble portugais en 2018 (10 % pour le tempranillo, 7 % pour le touriga franca, 6 % pour le touriga nacional, 6 % pour le fernão pires, 4 % pour le castelão…).
32 cépages représentent 75 % du vignoble portugais en 2018 (10 % pour le tempranillo, 7 % pour le touriga franca, 6 % pour le touriga nacional, 6 % pour le fernão pires, 4 % pour le castelão…). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Voyant se diffuser ses variétés autochtones dans un contexte d’adaptation à la sécheresse, le vignoble portugais y perçoit une opportunité commerciale et se prépare à la valorisation de cépages oubliés.

« Aujourd’hui, les cépages internationaux sont français. [Avec le changement climatique,] cela arrivera aux variétés autochtones de la péninsule ibérique. Le touriga nacional et l’alvarinho deviendront des cépages internationaux » pose Jorge Monteiro, le président de l’interprofession des vins du Portugal (ViniPortugal), sur le salon Vinexpo Paris (parc des expositions de Versailles). Alors que le touriga nacional va être testé en appellation Bordeaux (comme cépage à fin d’adaptation), le sousão s’installe en Afrique du Sud et le tinta barocca apparaît en Australie pour lutter contre la sécheresse croissante et préserver la fraîcheur des vins. « C’est une bonne chose que d’autres pays prennent nos cépages. Que la France utilise le touriga nacional nous permettra de mieux communiquer dessus » se réjouit Jorge Monteiro.

En termes de valorisation à l’export, « notre message propose des vins différents grâce à leurs cépages autochtones » explique Jorge Monteiro, dont la stratégie est de s’éloigner des pays producteurs (Espagne et France, dont les touristes sont d’importants consommateurs) pour prospecter des marchés stratégiques (Etats-Unis, Canada, Brésil et Chine). Produisant essentiellement des vins d’assemblage, le Portugal commence à mettre en avant son réservoir de cépages rares, comme lors d’une récente dégustation professionnelle à Londres. « Ces cépages oubliés sont très attirants pour les dégustateurs » souligne Sofia Salvador, éducatrice aux vins du Portugal et responsable web de Vini Portugal.

Nouvelles vagues

Alors que 250 cépages sont actuellement recensés au Portugal, 70 sont utilisés à une échelle commerciale et 10 cépages sont mis en avant dans la stratégie de promotion de ViniPortugal*. Si les cépages portugais semblent actuellement adaptés aux contraintes climatiques, une nouvelle vague de cépages est étudiée par une association de valorisation des cépages rares pour se préparer aux défis viticoles d’avenir. La filière portugaise prépare également une troisième vague de cépages autochtones sélectionnées à partir vieilles vignes de parcelles oubliées, avec plantations expérimentales et détermination patrimoine génétique

 

* : Il s’agit de quatre cépages blancs (alvarinho, arinto, encruzado et fernão pires) et six rouges (baga, castelão, tinta rotiz, touriga franca, touriga nacional et trincadeira).

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