LE FIL

Val de Loire

Ce qu’un touriste attend, vraiment, d’une visite de vignoble

Jeudi 06 février 2020 par Alexandre Abellan

Le vignoble du val de Loire accueille 1,9 million de visiteurs selon l’interprofession.
Le vignoble du val de Loire accueille 1,9 million de visiteurs selon l’interprofession. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Une chercheuse ligérienne a ausculté une centaine d’expériences œnotouristiques pour en isoler les éléments récurrents.

Même rabâchées, les évidences sont toujours bonnes à rappeler : « ouvrir son vignoble à l’œnotourisme ne s’improvise pas. Le lieu de travail devient un lieu d’accueil » pose la docteure en géographie Nashidi Rouiai (ESA Angers Loire) ce 3 février, lors d’une conférence du salon des vins de Loire (Parc des Expositions d’Angers). Ayant mené une vaste étude sur les liens entre tourisme et agroécologie, la post-doctorante a interrogé une centaine de touristes lui permettant de verbaliser précisément leurs attentes.

Rencontrant les œnotouristes à l’occasion de visites de dix caves et quatre évènements viticoles dans le Maine et Loire (le premier département touristique du val de Loire), Nashidi Rouiai souligne que « les touristes cherchent avant tout à découvrir un métier, un territoire, un produit. Ils veulent atteindre une meilleure compréhension du produit et du travail qu’il nécessite. La qualité de l’accueil est un point central conditionnant la réussite de la visite. » Constatant que 90 % des domaines sélectionnés proposent des visites dans les vignes, la chercheuse souligne que « la quasi-totalité des touristes ont apprécié ou auraient apprécié visiter les vignes. C’est un cadre propice aux explications liées au travail de la vigne, aux cépages, aux terroirs… »

Actions valorisées

Sur le fond de son étude, Nashidi Rouiai reconnaît que « les enjeux liés à la biodiversité, ou plus largement à l’environnement ne sont pas spontanément évoqués ». Elle constate d’ailleurs que ce sont les vignerons bio qui communiquent le plus sur le sujet de la biodiversité : « les viticulteurs conventionnels ne valorisent pas leurs actions, malgré la présence de réceptacle de biodiversité : haies, friches, arbres isolés, rosiers… » Un recul prudent sur des sujets sensibles : les vignerons conventionnels préférant ainsi ne pas évoquer une baisse d’utilisation de pesticides de crainte d’être pris à partie sur ceux qu’ils utilisent encore.

« La diminution des pesticides et herbicides chimiques arrive en première position des préoccupations environnementales des visiteurs » rapporte Nashidi Rouiai. Qui ajoute que le développement œnotouristiques va souvent de paire avec la mise en place d’actions agroécologiques : « ouvrir ses portes correspond à une démarche de transparence globale ».

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé