LE FIL

Bulles d’Angoulême

Trois albums pour faire de 2020 l’année de la BD et du vin

Dimanche 02 février 2020 par Alexandre Abellan

Le vin : 'essence de joie et de santé, extrait d'humeur gauloise, reflet du doux pays de France' définit Raymond Poincaré, cité par Mon Lapin Quotidien.
Le vin : 'essence de joie et de santé, extrait d'humeur gauloise, reflet du doux pays de France' définit Raymond Poincaré, cité par Mon Lapin Quotidien. - crédit photo : L'Association
Le ministère de la Culture a manqué une belle rime en ne faisant pas de 2020 l’année du vin. Mais le neuvième art mis à l’honneur par le gouvernement n’hésite pas à amener ses lecteurs dans les vignobles.

Mon Lapin Quotidien, l’ode au vin des dessinateurs de l’Association

« In verito vinasse » pose le dernier numéro de Mon Lapin Quotidien, le trimestriel de la maison d’édition L’Association au format journal. Alliant bons mots (« les noces de Cana, nos accès à l’Eden » écrit Raphaëlle Muller) et belles citations (« faire chabrot gade le ventre chaud » rappelle Lolmède), ces douze pages revisitent avec impertinence la culture française de la consommation du vin. Un joyeux bric à brac foutraque.

 

Les Ignorants : le classique indépassable d’Etienne Davodeau

Succès de librairie depuis sa publication en 2011, les Ignorants (Futuropolis) reste le maître étalon des reportages dessinés dans le vignoble. Souvent copié, pas encore égalé, l’album retrace le suivi du vigneron ligérien Richard Leroy par l’auteur Etienne Davodeau (Rural, Un homme est mort, Lulu femme nue…). Entre apprentissage du cycle de la vigne et découvertes de personnalités viticoles, cette BD a pu laisser sur leur faim de fins connaisseurs du vignoble, regrettant notamment un manque de recul sur la biodynamie.

 

Cosmobacchus, tome 3 : la biodynamie auscultée par l’anthroposophie

Prenant à rebrousse-poil le parcours assez consensuel des Ignorants et prenant une bonne rasade d’anticonformisme tiré de l’Association, le dernier tome de la série docu-fiction Cosmobacchus de Meybeck achève de disséquer le sous-bassement anthroposophique de la viticulture biodynamique. Alignant les citations « gratinées » de Rudolf Steiner et de ses disciples, l’album n’épargne pas les discours antiphytos au cours d’une « dégustation de pesticides » où les amalgames s’enchaînent plus vite que les planches. Se voyant accusé au détour d’une case d’être « pro-pesticides », l’auteur quitte son regard d’observateur acéré pour expliquer sa vision de la chose : « je suis pour une agriculture écologique et si possible sans pesticides, parce qu’ils provoquent une extinction des insectes et des oiseaux et qu’ils empoisonnent agriculteurs et riverains. Mais pas à cause de fantasmes new-age ! »


 

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