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Paroles d'exposants

L'optimisme s'impose dans les allées de Millésime Bio

Mardi 28 janvier 2020 par Anne Schoendoerffer

La vigneronne bordelaise Cécile Verdier Mallié du Château Brethous à Millésime Bio
La vigneronne bordelaise Cécile Verdier Mallié du Château Brethous à Millésime Bio - crédit photo : Anne Schoendoerffer
Millésime Bio ouvre la valse des salons 2020 dans un contexte tendu. Entre les incertitudes sur les taxes américaines et le Brexit, le marché chinois en berne, la loi Egalim, les aléas climatiques, les stocks dans certaines régions... Quelques heures après l’ouverture de ce salon attendu, quel est l’état d’esprit des exposants ? Le point avec 3 acteurs de Bordeaux, de la Loire et du Languedoc.

1 Cécile Verdier Mallié du Château Brethous, Bordeaux : "Nous avons le vent en poupe"

On a de la chance d’être en bio à Bordeaux” lance Cécile Verdier Mallié du Château Brethous. Elle produit environ 50 000 cols par an vendus prix consommateurs entre 8 et 33 € à 50 % en France et 50 % à l’export (Allemagne, Chine, Etats-Unis, UK, Japon..). Six heures après l’ouverture du salon, elle est confiante, car “nous avons le vent en poupe. Nous vendons des vins de milieu de gamme à des prix cohérents et accessibles”. Pour l’instant, elle ne ressent pas de ralentissement sur le marché chinois et s’en explique : “nous avons établi des relations de confiance avec eux depuis longtemps”. Aux Etats-Unis, elle vend seulement 1500 cols/an, mais elle veut se développer sur ce pays malgré les incertitudes sur les taxes : “en 2016, on a des vins à 14,5 °C (les vins > 14 °C ne sont pas touchés par la taxe à 25 %) et en plus, nous avons eu des médailles sur les cuvées que nous vendons là-bas”. Elle conclut : “je suis plutôt optimiste. Mais je suis inquiète pour mes copains bordelais qui ne sont pas bio”.

2 Philippe Gérard de chez Biovidis, Loire : "Je suis ici pour rencontrer mes importateurs"

En Loire, le négociant Philippe Gérard de chez Biovidis est également confiant. Lui vend environ 400 000 cols dont 40% de Val de Loire, principalement à la GMS. Il le concède : “les hypers sont au ralenti, mais les magasins de proximité se portent bien. Le vin en France est en baisse. Pourtant dans cette morosité ambiante, 3 produits se portent bien : le rosé, le BIB et le bio. Et celui qui marche le mieux, c’est le bio”. Il ne vient pas sur Millésime Bio pour ses acheteurs principaux. “Je suis ici pour rencontrer mes importateurs et développer le marché des cavistes”. Une de ses cuvées a été médaillée et selon lui “elle se vend toute seule car les gens cherchent les médailles”. En 7 heures, il n’a eu que des contacts qualitatifs. “Maintenant, il faut transformer l’essai, mais je suis confiant". Avec humour, il présente son crémant de Loire, 100% chenin : “cette cuvée n’est pas taxée par Donald Trump”.

3 Christophe Bousquet, vigneron du Château Pech Redon, Languedoc : "on ne peut qu’être optimiste"

Je suis toujours impressionné par l’enthousiasme de Millésime Bio. Je le fais depuis près de 10 ans et sur ce salon les rapports commerciaux sont différents” témoigne Christophe Bousquet, vigneron du Château Pech Redon et président de l’appellation la Clape. Sur ses 30 ha, il produit environ 70 000 cols par an qu’il vend à 70% à l’export : “la demande est en augmentation (en agriculture biologique, NDLR) et la production progresse. Donc on ne peut qu’être optimiste, surtout quand on est en bio”. Il s’interroge aussi : “on ne peut cacher totalement la réalité du marché. Beaucoup de personnes se demandent comment vont évoluer les différents marchés. Que va-t-il se passer avec la taxe américaine ? Sur les marchés UK ou chinois ? Sans oublier le marché français et les nouveaux modes de consommation. Le monde du vin est en plein bouleversement. Il faut être capable de réagir et d’apporter des réponses”. 

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