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Champagne

Pellenc milite pour les essais de machine à vendanger

Mercredi 22 janvier 2020 par Aude Lutun

Pouvant répondre aux enjeux de main d'oeuvre, la question de la mécanisation de la vendange reste épineuse en Champagne.
Pouvant répondre aux enjeux de main d'oeuvre, la question de la mécanisation de la vendange reste épineuse en Champagne. - crédit photo : Aude Lutun
Mener des essais de vendange mécanique est un vieux serpent de mer en Champagne. Les avancées technologiques et le besoin de limiter les coûts de production pour muscler les investissements commerciaux pourraient changer la donne.

Tous les constructeurs de machine à vendanger sont dans les starting-blocks pour faire des essais, uniquement des essais, en Champagne où la vendange est 100 % manuelle. Invité à l’assemblée générale d’Union Champagne vendredi dernier, l’emblématique Roger Pellenc a exposé les projets de son groupe. Et son souhait de mener des essais de vendange mécanique dans ce vignoble à vignes étroites.

« Je sais que l’on s’interroge sur la vendange mécanique ici, a-t-il précisé devant un auditoire très attentif. La vendange mécanique ne doit pas être un frein à la qualité et au marketing. Au contraire, il faut avoir un gain qualitatif. C’est envisageable avec les pressoirs embarqués. On travaille sur ces pressoirs depuis plus de 20 ans ! Dans le monde, 99 % des effervescents sont vendangés à la machine, avec une grande exigence qualitative, pour notamment ne pas laisser les jus s’oxyder. L’important, c’est de pouvoir faire des essais… ». La balle est dans le camp des responsables professionnels.

"Cahier des charges"

Questionné par Dominique Babé, président d’Union Champagne, Maxime Toubart, président du syndicat général des Vignerons, a répondu que « le cahier des charges est compliqué, trop compliqué même, pour permettre des expérimentations ». Et d’ajouter « il ne faut pas s’interdire de faire des essais ».

Groupe de travail

Contacté après cette assemblée générale, David Chatillon, le directeur de l’Union des Maisons de Champagne rappelle « qu’un groupe de travail, au sein de la commission technique de l’interprofession, réfléchit sur l’amélioration de la qualité des raisins, de la cueillette au pressoir. S’il résulte de cette réflexion que la machine à vendanger peut être une réponse adaptée, on pourra travailler à la modification du cahier des charges ». Ce groupe de travail devrait remettre son rapport en 2021. « Mais notre conviction est que si la Champagne opte pour une machine à vendanger, elle sera à inventer car il semblerait que les marcs soient trop compacts sans les rafles, précise David Chatillon. Si la piste de la vendange mécanique s’avère intéressante, l’interprofession transmettra un cahier des charges aux constructeurs de machines à vendanger ».

 

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