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Viticulture bio

Le château d’Yquem appelé à la conversion par son propriétaire

Vendredi 27 décembre 2019 par Alexandre Abellan

« Yquem est, pour reprendre les mots de Claudel, la tête d’or […] de toute une économie française de la vigne et du vin » déclare Bernard Arnault.
« Yquem est, pour reprendre les mots de Claudel, la tête d’or […] de toute une économie française de la vigne et du vin » déclare Bernard Arnault. - crédit photo : LVMH
Annonce du salon Vinexpo 2019, ce cap environnemental témoigne d’une prise de conscience au sein des grands crus classés, qui lancent une charte éthique.

« Ces dernières années, Yquem a franchi des étapes décisives pour parvenir aujourd’hui à une viticulture aujourd’hui intégralement biologique et bientôt biodynamique » annonce Bernard Arnault, le PDG du groupe LVMH, ce 13 mai au premier cru supérieur de Sauternes, à l’occasion du prestigieux dîner pour la presse internationale du conseil des crus classés en 1855 qui ouvre le salon Vinexpo Bordeaux. Glissée sans l’air d’y toucher, cette annonce au détour d’un discours a fait son petit effet sur l’assistance de journalistes et de propriétaires. Mais dans les faits, Bernard Arnault semble s’être avancé, aucun processus de conversion n’ayant été ouvert par le château d’Yquem auprès des structures bio.

Expérimentation bio

D’après les informations de Vitisphere, l’ensemble des traitements de ce vignoble classé sont bio, à l’exception de ceux contre le mildiou. Une expérimentation est en cours sur la moitié des cent hectares du vignoble d’Yquem, les équipes techniques craignant un impact du cuivre sur l’épaisseur des pellicules de raisin, ce qui pourra entraver le bon développement du botrytis, et donc de la pourriture noble. Quoi qu’il en soit, le cap est désormais officiellement donné depuis le sommet, « pour monsieur [Pierre] Lurton », le président du château d’Yquem, comme le lance Bernard Arnault.

"Charte d’excellence durable"

Cette conversion annoncée du château d’Yquem s’inscrit dans une dynamique de conversion des grands crus classés, comme Latour parmi les « premiers » du Médoc, mais aussi les châteaux Ferrière, Palmer, Pontet-Canet… ou Guiraud à Sauternes. « La prise de conscience écologique est désormais un moteur puissant » estime Philippe Castéja, le président du conseil des grands crus classés en 1855. Qui a annoncé lors de ce dîner la mise en place d’une « charte éthique des grands crus classé de 1855 […] qui prétend œuvrer à la valorisation des terroirs d’exception, patrimoine matériel et immatériel dont nous avons hérité ». Ces engagements agroécologiques devant permettre d’assurer la pérennité de ces vignobles tout en répondant aux demandes des consommateurs. Afin de pérenniser le « rayonnement mondial des crus classés de 1855, qui sont les éclaireurs, les têtes de toute une économie française de la vigne et du vin » estime Bernard Arnault.

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PG Le 03 janvier 2020 à 19:00:23
Monsieur Bernard Arnaud , en homme d' affaires avisé , souhaite convertir Yquem en bio… Rien de plus logique...Commercialement. Agronomiquement , par contre , certains se posent une bonne question. Y aura-t-il des conséquences sur la pourriture noble ? Et , ces sols dont nous avons hérité de nos ancêtres, sont-ils oui ou non gavés de cuivre ? Il semblerait que oui… Et là , nos agronomes ne me démentiront pas. Les conséquences sur la vie du sol est sans appel : stérilisation par destruction des micro- organismes. Et ces derniers seraient responsables de l' assimilation de bien des éléments nutritifs de nos vignes. Mais , la bouillie bordelaise , c' est super médiatique . Parce que nos anciens l' employaient , c' est forcement bien… De plus , on en retrouve pas dans les nappes phréatiques , vu qu'il s' accumule dans les sols... Ce n' est pas comme le Glyphosate qui , en plus, était produit par une firme américaine . Mr Arnaud n' a pas entendu parler de la flavescence dorée ? Et le black-rot ? A Cognac, Je n' ai pas entendu dire que Hennessy demandait à ses livreurs de passer en bio. Et pour cause. Ce serait une réduction notoire des volumes produits. Ah , cette bonne vieille BB. Et dire que la méchante Europe voudrait nous l' interdire. On se demande pourquoi ? Qui n' a pas vu un Papy , tout bleu sortant de sa vigne. Qui n' a pas vu un mure de pierre bleui avec une treille multiséculaire? C' était tellement mieux avant...
tchoo Le 03 janvier 2020 à 16:11:38
Le bio bien sur, la bio dynamie, c'est dans l'air du temps mais juqu'où. les Grands Crus de Bordeaux peuvent peut-être se permettre des rendements en dessous de 10 hl/ha, ils pourront compenser par le prix, mais l'ensemble des viticulteurs comment vont-ils faire. Et si ils ne sont pas si nombreux à passer au bio, ce n'est pas par fainéantise comme a pu le dire un journaliste, qui a simplement oublié d'envisager le problème d'un point de vu des maladies de la vigne, de la feuille de vigne, s'imaginant que le seul problème était la maitrise de l'herbe. Il est certain que le bio demande une certaine technicité et de l'expérience, une grande santé financière vu la baisse inéluctable des rendements et la quasi perte d'un récolte sur 4 ou 5
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