LE FIL

Les constructeurs aussi

Il n'y a pas que les vignerons qui anticipent l'arrêt du glyphosate

Lundi 23 décembre 2019 par Alexandre Abellan

Pour les fournisseurs de lames et disques, l’interdiction du glyphosate dans le vignoble promet des développements soutenus.
Pour les fournisseurs de lames et disques, l’interdiction du glyphosate dans le vignoble promet des développements soutenus. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Souvenirs du salon Sitevi 2019 : de la création de nouveaux sites industriels à la structuration de sociétés familiales, la demande en outils d’entretien des sols pousse à la professionnalisation du secteur du désherbage mécanique..

Parmi les stands qui ne désemplissent quasiment pas pendant ce salon Sitevi (26-28 novembre derniers à Montpellier), ceux de l’entretien des sols se positionnent en bonne place : lames interceps, disques étoiles... Il s’agit d’outils auxquels les viticulteurs se convertissent de plus en plus. « La demande est énorme. Passer au désherbage mécanique avec l’arrêt du glyphosate est un grand sujet pour les viticulteurs français. Mais aussi pour ceux européens » explique Roman Karl, le responsable des ventes du groupe allemand Braun. Pour répondre à des sollicitations croissantes, et réduire ses délais de livraison (actuellement de 8 semaines), l’entreprise de Rhénanie va construire prochainement un nouveau bâtiment de production.

Le constructeur espagnol NB Machinery a pour sa part inauguré cette fin août un troisième bâtiment de production rapporte Noelia Fernandez, la directrice commerciale de la société de Lérida. « Il y a six ans, il y avait très peu de demande. Maintenant, cela explose » explique-t-elle, précisant que sa société livre 4 000 machines d’entretien du sol par an, pour un budget allant de 5 à 30 000 euros selon les configurations. « On n’entend plus tellement de réflexions sur les coûts de ces outils, comme il y a quelques années. Les viticulteurs nous disent qu’ils sont obligés d’y venir » rapporte Thierry Czaka, respnsable commercial de Terral (Hérault), proposant une lame interceps allant de 6 500 à 11 000 euros.

Structuration

N’ayant pas de crainte sur sa capacité à répondre à la demande en outils du sol, les sociétés spécialisées se structurent. Que ce soit en termes de capacité de production ou de professionnalisation de leur organisation. Ce qui peut être un changement de paradigme pour des entreprises de petite taille et d’inspiration familiale. « Nous avons changé d’échelle, d’une petite entreprise à celle de taille moyenne. Nous sommes passés de 8 à 30 employés en cinq ans » témoigne Sébastien Branche, technico-commercial pour le fournisseur KULT, qui affiche une croissance de 50 % par an grâce à la vente de ses bineuses à doigt Kress.

"La robotique rentre dans les mœurs "

En lancement, la robotisation du désherbage mécanique suscite un intérêt qui ne se dément pas dans les allées du Sitevi. Et que les opérateurs souhaitent concrétiser en se déployant dans le vignoble. « La robotique rentre dans les mœurs [viticoles]. Le manque de recul entretient des réticences. Nous allons lancer en 2020 des offres de location (saisonnière ou longue durée) et de prestations de services (en direct). Cela va donner une réelle vision aux vignerons sur le travail d’un robot dans leurs parcelles » explique Barbara Gourdon, chargée de marketing opérationnel du constructeur toulousain Naïo.

Elargissement de l’offre

« On demande partout des solutions qui permettent de diminuer les intrants chimiques (fertilisation, phytos, désherbage…) » résume Jean-Christophe Haas, membre du comité de direction du constructeur allemand Kuhn. Qui compte élargir sa gamme d’outils pour se positionner sur un marché porteur : « il nous manque des produits de binage qu’il nous faut rapidement pour répondre à la demande. Personne n’est préparé à se passer de produits chimiques du jour au lendemain. Les vignerons comme les constructeurs. »

 

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