LE FIL

250 €/col

Plus une bouteille à vendre pour le "Lafite chinois"

Mardi 17 décembre 2019 par Alexandre Abellan

Présentant à Bordeaux les premières bouteilles de Long Dai, Saskia de Rothschild note que les flacons possèdent des outils anticontrefaçons (motifs en relief sur l’étiquette, puce NFC dans la capsule…).
Présentant à Bordeaux les premières bouteilles de Long Dai, Saskia de Rothschild note que les flacons possèdent des outils anticontrefaçons (motifs en relief sur l’étiquette, puce NFC dans la capsule…). - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Les Domaines Barons de Rothschild complète leur gamme de vin avec une référence locale, alors que la demande pour des vins locaux premiums émerge en Chine,.

    Commercialisé depuis juillet dernier et tout juste embouteillé pour être expédié, le premier millésime du domaine chinois Long Dai* (25 hectares de vignes dans le Shangdong) a rencontré son public : « nous avons tout vendu, il y a un réel engouement » pose Saskia de Rothschild, la présidente des Domaines Barons de Rothschild (DBR), ce 15 décembre lors du Bordeaux Tasting de Terre de Vins. Sur 30 000 cols produits en 2017, seuls 10 % sont conservés à la propriété et les 90 % restants ont été mis en marché avec un prix de vente oscillant 1 800 à 2 000 yuans, soit 230 à 250 euros. « Ce n’est pas le prix le plus élevé pour un vin chinois. Nous nous sommes positionnés en ne voulant pas être absurdement cher, mais en justifiant du nombre de bouteilles, de notre travail et de notre objectif d’être un très grand vin chinois parmi les grands vins du reste du monde » explique Saskia de Rothschild. Qui martèle ne pas avoir souhaité « faire un Lafite en Chine ».

Cette distinction n’empêchant pas DBR de revendiquer une lignée et un savoir-faire de cru classé dans son premier millésime chinois. Le style de ce millésime 2017 étant sur une fraîcheur acide éloignée de l’opulente richesse propre au nouveau monde. « Il y a une jeunesse évidente, je suis surpris par la fraîcheur de ce vin. Son acidité est un peu ferme, avec une dominance de cranberries et un côté végétal. Mais il faut s’habituer aux nouvelles références des vins chinois » analyse à chaud le sommelier Serge Dubs, laissant paraître son émotion face à la naissance d’un nouveau grand vin.

"Créer une histoire"

Soulignant que le projet est encore jeune, Saskia de Rotschild explique que produire un vin en Chine « permet de créer une histoire, de faire parler de nous différemment et de montrer notre investissement et notre présence pour accompagner le développement du marché et de la viticulture en Chine ». La présidente de DBR note « un changement de la consommation en Chine, moins tournée vers les produits étrangers, avec la volonté de consommer des produits chinois qualitatifs ». Le lancement de Long Dai arrive à point nommé pour créer un nouveau levier commercial pour le château Lafite.

 

 

* : Long Dai peut se traduire par « montagne ciselé », en lien avec la construction de 350 terrasses dans la vallée de Qiu Shan, sous la supervision de l’œnologue-conseil Gérard Colin, disparu en 2017.

 

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