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Bordeaux, Médoc, Sauternais...
Des bilans contrastés selon les secteurs

Selon les appellations, les contaminations flavescence dorée sont en hausse, stabilisées ou en diminution... Présentation des résultats provisoires à fin novembre 2019 sur le vignoble de Bordeaux.
Par Juliette Cassagnes Le 04 décembre 2019
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Des bilans contrastés selon les secteurs
Prospection dans le vignoble de Bordeaux, en septembre 2019 - crédit photo : Alban Gilbert
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« L'année 2019 a été marquée par une forte expression des symptômes, tant de flavescence que de bois noir, probablement due au climat », indique Sophie Bentejac, du GDON des Bordeaux. Conjuguée à la prospection de nouveaux secteurs, cela s'est traduit par une nette progression du nombre de parcelles et de pieds contaminés cette année.

Sur 7400 ha de vignes prospectées sur la zone, qui couvre 13 AOC et 74300 ha de vignes, 1767 parcelles ont été détectées positives à la flavescence et 865 au bois noir. Un total de 27000 pieds flavescents ont été détectés contre 12300 l'an dernier, soit environ deux fois plus.

5 hectares arrachés

Les deux-tiers sont issus de foyers isolés situés « un peu partout » et le reste, soit environ 5800 ceps, de parcelles touchées à plus de 20%. 5 ha devront donc être arrachés cet hiver à Beychac-et-Caillau, Carbon blanc, Carignan de Bordeaux, ou encore Laroque, Masseilles, Soulignac... 27 nouvelles communes s'ajoutent à la liste des 232 communes touchées par le phytoplasme.

Un point positif cependant : malgré les nouvelles zones contaminées détectées chaque année au fur et à mesure de la prospection du territoire, les économies de traitement augmentent : 36 % d’économies ont été réalisées en 2019 en termes de surfaces non traitées, contre 21 % en 2015.

 

Dans le Médoc, 5550 ha ont été inspectés sur 17000 ha de vignoble. Le nombre de pieds augmente mais sur des secteurs plus localisés : 1352 pieds ont été détectés contre 1050 en 2018, sur 65 parcelles contre 85 en 2018. « D'une façon générale, on va vers du mieux, en passant d'une situation généralisée à concentrée sur des foyers », explique Lucille Lavergne, du GDON Médoc. Sur les 15 communes infectées, un nombre plutôt stable, le sud reste le plus touché avec toujours les deux gros foyers historiques qui concentrent 90% des pieds malades : Cussac – Lamarque, « qui a tendance à être un peu en expansion depuis 2 ans », et Margaux, où 0,5 ha devront être arrachés. Les autres communes n'ont que « quelques pieds atteints ». Certaines sont aussi en voie d'assainissement comme Labarde ou assaini comme St Estèphe. « Il y a une bonne implication et prise de conscience du problème de la part des viticulteurs », conclut la responsable.

 

En Sauternais-Graves, où le tiers environ des 6500 ha de vignes ont été prospectées, la maladie a fortement régressé depuis la création du GDON en 2011. « Nous sommes passés de 25000 à 1500 pieds touchés cette année », témoigne Catherine Bastiat, sa directrice. 1300 parcelles ont été assainies et les très gros foyers de bord de Garonne éradiqués.

Mais l'année a tout de même été marquée par des « sorties » de symptômes qui ont surpris. Sur 500 parcelles atteintes, 5 ont des foyers « de 30 ou 40 pieds ». « Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas rencontré cela... On a eu une belle évolution de la maladie mais il ne faut pas relâcher la garde », prévient Catherine Bastiat. Les autres foyers sont sinon constitués de quelques pieds isolés situés sur de nombreuses parcelles, et il n'y a pas d'arrachage total à effectuer.

 

Dans le secteur de Libourne – Castillon - Francs enfin, 12 communes ont été détectées positives, avec 707 pieds malades, dont la grosse partie (551) se situe dans la zone Castillon-Francs. Cette progression est le résultat direct du niveau de prospection dans cette zone, revu à la hausse en 2019 après avoir été négligé ces dernières années. « On n'a pas découvert de gros foyer catastrophique, positive Antoine Verpy, du GDON. Mais la résorption de la maladie sera longue et complexe, avec de nombreuses vignes conduites en bio, d'autres ensauvagées et seulement un tiers du vignoble prospecté ».

En Libournais, surveillé plus régulièrement, 156 pieds ont été découverts sur 4370 ha prospectés, contre 58 l'an dernier, traduisant une légère augmentation. Un nouveau foyer de 60 souches a notamment été découvert à St Emilion, proche de Sulpice-de-Faleyrens. Parmi les raison possibles à cette évolution, le fait que les traitements obligatoires contre la cicadelle soient réalisés tous les 4 ans et que le dernier remonte à 2016. « Globalement, sur ce secteur, on arrive à gérer la maladie avec un minimum de traitements », résume le responsable.

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