LE FIL

Des États-Unis à Hong Kong

Les subventions de la filière vin veulent le même soutien de l’Etat qu’Airbus

Lundi 25 novembre 2019 par Alexandre Abellan

Les représentants du vignoble et du négoce demande aux pouvoirs publics de soutenir exceptionnellement leurs opérations de promotion face aux difficultés actuelles.
Les représentants du vignoble et du négoce demande aux pouvoirs publics de soutenir exceptionnellement leurs opérations de promotion face aux difficultés actuelles. - crédit photo : DR
Partagé par les entreprises et les interprofessions des vins français, le risque de non-remboursement des aides à la promotion sur les pays tiers mobilise à la veille d’une rencontre interministérielle.

Alors que se clôt ce 25 novembre, l’appel à projet pour l’aide à la promotion des vins sur les pays tiers en 2020, le flou subsiste non seulement sur le devenir de marchés exports soumis à rudes épreuves (surtaxe de 25 % aux États-Unis et tensions politiques à Hong Kong), mais aussi sur la possibilité d’assurer le versement de subventions FranceAgriMer en cas de remise en question d’une partie des programmes de promotion (qu’il s’agisse d’entreprises ou d’interprofessions). Ce qui cause de nouvelles tensions entre l'organisme public et la filière vitivinicole.

« Nous demandons à l’état français de trouver des solutions pour que nos stratégies d’entreprise ne pâtissent pas de conséquences géopolitiques où elles n’ont rien à voir » pose Jean-Marie Barillère, le président du Comité national des interprofessions des vins à appellation d’origine et à indication géographique (CNIV). Demandée au début du mois par les élus du vignoble et du négoce, la flexibilité dans le traitement de FranceAgriMer doit aller au-delà des règles habituelles de modification des programmes de subvention (traditionnellement encadré à 20 %) et retenir comme budget subventionnable celui validé par une convention (et non celui présenté préalablement dans le dossier de candidature).

FranceAgriMer botte en touche

En matière de traitement des dossiers d’aides à la promotion sur les pays tiers, « FranceAgriMer est tout à fait conscient des difficultés des opérateurs du secteur vitivinicole liées aux perturbations économiques à Hong Kong et aux taxes supplémentaires sur les vins aux Etats-Unis » explique l’administration à Vitisphere. Mais « tout assouplissement du traitement des dossiers relevant de ces deux marchés, souhaité par les organisations professionnelles du secteur, ne pourra cependant se faire qu’avec l’aval de l’Union européenne ».

"Subvention Airbus"

« Des décisions doivent être prises au niveau de l’Union Européenne, mais aussi de la France. Qui doit prendre ses responsabilités » rétorque Jean-Marie Barillère. Ajoutant que « l’état français a su prendre des risques pour les subventions d’Airbus qui nous causent actuellement une hausse des taxes aux Etats-Unis. Nous demandons au gouvernement le même soutien alors que nos ressources sont menacées par un conflit qui ne nous concerne pas. » Ces arguments seront au cœur d’une réunion interministérielle avec la filière vin ce mardi 26 novembre.

L’enjeu étant d’autant plus critique que des opérations promotionnelles ont déjà été annulées sur l’année 2019, la filière viticole s’inquiète de voir des dépenses effectuées ne pouvoir être remboursables par les pouvoirs publics faute d’opérations effectives. « Notre demande est simple » martèle Jean-Marie Barillère, résolu à obtenir des engagements fermes.

 

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